Au congrès du PCF, l'ombre de Jean-Luc Mélenchon sème le trouble
Au congrès du PCF, l'ombre de Mélenchon sème le trouble

Le 41e congrès du Parti communiste français (PCF) s'est ouvert vendredi 7 avril 2023 à Marseille, dans un climat de profonde division. La principale pomme de discorde : la stratégie d'alliance avec La France insoumise (LFI) et son leader, Jean-Luc Mélenchon. Alors que le PCF tente de redéfinir son identité, la question de l'héritage mélenchoniste agite les débats et menace de faire éclater le parti.

Une ligne de fracture nette entre les courants

Deux grandes motions s'affrontent lors de ce congrès. La première, portée par la direction sortante de Fabien Roussel, prône un "rassemblement populaire" sans exclusive, mais refuse toute soumission à LFI. La seconde, soutenue par une minorité de 30 % des militants, appelle à une alliance plus étroite avec les insoumis, voire à une candidature unique dès 2027. "Le PCF doit être un parti de combat, pas un satellite de Mélenchon", a martelé Fabien Roussel lors de son discours d'ouverture.

Selon un sondage Ifop réalisé pour le congrès, 62 % des sympathisants communistes se disent favorables à une union de la gauche, mais 48 % estiment que le PCF doit conserver son autonomie. Ces chiffres illustrent le dilemme auquel est confronté le parti : survivre en s'alliant ou disparaître en restant seul.

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L'ombre de Mélenchon plane sur les discussions

Jean-Luc Mélenchon, bien qu'absent de Marseille, est au cœur de toutes les conversations. Son appel à une "convention de l'union populaire" a été perçu comme une tentative de phagocyter les petits partis de gauche. "Mélenchon veut un mouvement hégémonique, pas un vrai rassemblement", a dénoncé une déléguée du Val-de-Marne. En coulisses, des militants craignent que le PCF ne perde son âme en se fondant dans la galaxie insoumise.

Le congrès doit également élire la nouvelle direction du parti. Les jeux sont ouverts : la motion de Fabien Roussel recueille 70 % des voix des adhérents, mais la minorité pourrait obtenir des postes clés si des compromis sont trouvés. "Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration, mais pour peser dans le rapport de forces à gauche", a prévenu un porte-parole de la minorité.

Un contexte électoral tendu

Ce congrès intervient alors que le PCF traverse une crise existentielle. Aux élections législatives de 2022, le parti n'a obtenu que 12 députés, contre 17 en 2017. La Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale), dont le PCF était membre, a volé en éclats après le départ des écologistes et des socialistes. "Le PCF doit choisir entre le repli identitaire et l'ouverture stratégique", analyse un politologue.

Les débats se poursuivront jusqu'à dimanche. Les militants espèrent que le parti saura trouver une voie pour rester pertinent dans le paysage politique français. Mais l'ombre de Jean-Luc Mélenchon risque de continuer à semer le trouble bien après la clôture du congrès.

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