Ce vendredi 8 mai, la France a célébré le 81e anniversaire de la victoire de 1945 avec des cérémonies marquées par l'inquiétude face aux tensions mondiales. Le président de la République, Emmanuel Macron, a remonté les Champs-Élysées pour présider la cérémonie nationale de commémoration du 8 mai 1945 sous l'Arc de triomphe, en compagnie du chef d'état-major des armées et du Premier ministre Sébastien Lecornu. Entouré de personnalités politiques et militaires, le chef de l'État a déposé une gerbe au pied de la statue du général de Gaulle avant de raviver la flamme sur la tombe du Soldat inconnu, tandis que le Chœur de l'Armée française entonnait « La Marseillaise » puis le « Chant des Partisans », rappelant le sacrifice des hommes et des femmes engagés dans la Résistance.
L'Ordre de la Libération et les derniers médaillés
L'Ordre de la Libération, créé par le général de Gaulle à Londres en 1943, a lancé il y a quelques mois un appel pour retrouver les derniers médaillés de la Résistance française encore vivants. 65 000 personnes ont déjà été honorées, dont 40 % à titre posthume. Emmanuel Macron était accueilli par le chef d'état-major des armées, Fabien Mandon.
La Marine à l'honneur
La journée a également été marquée par des déplacements symboliques. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, s'est rendu à La Flèche, dans la Sarthe, où il a assisté à une remise de décoration : Marie-Michèle Le Fort y a reçu, à titre posthume, la médaille commémorative de la Seconde Guerre mondiale destinée à son père, Noël Régnier, qui fut torturé et abattu par les Japonais au Tonkin en 1945. Un déplacement tactique pour le président du Rassemblement national dans la ville qui abrite le Prytanée national militaire, l'un des lycées militaires les plus prestigieux de France.
À Lyon, c'est la Marine nationale qui était à l'honneur pour son 400e anniversaire. La préfète de région, Fabienne Buccio, a profité de l'occasion pour adresser un message de vigilance face au retour de la guerre en Europe, invitant les citoyens à « se préparer, mais ne pas être inquiet ».
Sécurité renforcée
Un peu partout, les dispositifs de sécurité étaient activés, notamment à Toulouse. Pour éviter les débordements survenus l'an passé, le préfet de la Haute-Garonne avait placé la cérémonie sous haute surveillance.
Au-delà des frontières, le devoir de mémoire a pris une dimension spirituelle et diplomatique. À Hildesheim, dans le nord de l'Allemagne, les présidents des épiscopats français et allemand ont célébré une messe commune. Cette rencontre, organisée par l'Église de France, visait à sceller une nouvelle fois la paix et la fraternité entre les deux nations.
La manifestation de l'ultradroite interdite
Le tribunal administratif de Paris a confirmé, hier, l'interdiction de la manifestation du Comité du 9-Mai (C9M), un collectif d'ultradroite, prévue pour ce samedi 9 mai dans la capitale comme tous les ans depuis 1994. Après plusieurs années d'annulation par la justice des arrêtés d'interdiction de la préfecture de police, le tribunal administratif a cette fois estimé que les risques de troubles à l'ordre public sont réels, notamment après la mort de Quentin Deranque en février. Lors de la marche de l'an dernier, des symboles évoquant l'iconographie néonazie avaient été observés dans le cortège. Le Comité négocie avec les autorités pour qu'un hommage ait néanmoins lieu.



