Plus de trafic mais moitié moins de bénéfices que l'année précédente... Les compagnies aériennes affichent leurs prévisions pour 2026 et selon ces dernières, le prix élevé du kérosène ne dissuade pas complètement de voyager. En congrès à Rio de Janeiro, l'Association du transport aérien international (Iata) estime que ses compagnies membres, qui assurent 85 % du trafic mondial, transporteront 5,1 milliards de passagers.
C'est 2,4 % de plus qu'en 2025, où il y en a eu 4,98 milliards d'après une estimation provisoire. La barre des 4 milliards avait été franchie en 2023. Cette légère croissance s'accompagnera toutefois d'une rentabilité deux fois moindre que l'an dernier, et même des pertes pour les compagnies du Moyen-Orient. « Les perturbations au Moyen-Orient dues à la guerre et la hausse des coûts des carburants ont fait virer les perspectives pour les compagnies aériennes dans le mauvais sens », a commenté le directeur général de l'organisation, Willie Walsh, cité dans un communiqué.
De 45 milliards de dollars de bénéfices en 2025 à 23 milliards en 2026
« Les bénéfices vont se contracter, de 45 milliards de dollars en 2025 à 23 milliards cette année. Et les marges vont se réduire, passant de 4,2 % à 2,0 % », a-t-il ajouté, en évoquant la marge nette. Selon les calculs de l'Iata, le bénéfice net devrait être de 4,50 dollars par passager, deux fois moins qu'en 2025.
« Dans ces circonstances, cela montre de la résilience. Mais ça ne permet même pas d'acheter un hot dog dans la plupart des stades de la Coupe du monde, et ça ne laisse pas beaucoup de sécurité si d'autres coûts ou des impôts devaient augmenter », d'après Willie Walsh. Avec un coût du carburant en hausse, répercuté en partie sur le prix des billets, le chiffre d'affaires des membres de l'Iata devrait progresser de 9 % cette année, à 1.165 milliards de dollars.
« Les compagnies aériennes encaissent la majorité du choc des prix du carburant. Même si les prix des billets augmentent, elles en absorbent encore une partie sur leurs résultats », a estimé l'Association, qui compte plus de 370 compagnies membres.
Les compagnies aériennes du Moyen-Orient en difficulté
En fonction des régions du monde, la rentabilité sera très variée, selon les projections de l'organisation. Les compagnies du Moyen-Orient, qui ont traditionnellement accès à un kérosène abondamment produit localement, devraient connaître une année noire. Leur marge nette, la plus élevée au monde en 2025 (9,4 %), devrait devenir négative en 2026 (-6,1 %). Pour ces compagnies, comme Emirates ou Qatar Airways, « le chemin pour se rétablir dans l'immédiat a des chances de passer par des prix avantageux plutôt que par un rétablissement rapide des volumes », selon l'Iata.
Les compagnies d'Europe devraient ainsi devenir les plus rentables (3,1 % de marge nette), devant celles d'Amérique du Nord (2,5 %) et d'Asie-Pacifique (2,1 %).
Malgré la forte incertitude géopolitique, et l'incapacité à prévoir combien de temps durera la guerre, l'Iata n'est pas inquiète pour la demande. Le prix moyen d'un billet a selon ses calculs chuté de 26 % en dix ans.



