Une situation financière saine mais des signaux d'alarme
Jeudi 25 juin 2026, le conseil métropolitain de Toulon Provence Méditerranée (TPM) s'est réuni à la préfecture du Var. En préambule, la présidente Josée Massi a dressé un tableau plutôt flatteur : « TPM présente aujourd'hui une situation financière saine et maîtrisée. » Recettes en progression, dépenses sous contrôle, excédent robuste pour financer des investissements massifs, recours raisonnable à l'emprunt… Pourtant, l'élue a rapidement nuancé ce constat en présentant le Compte financier unique (CFU), le bilan annuel de l'exécution du budget.
« Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'une lecture seulement positive car, derrière ces bons résultats, apparaissent des signaux de fragilité structurelle », a averti Josée Massi, le ton grave. « En 2025, les charges de fonctionnement (2,3 %) ont augmenté plus vite que nos recettes (1,3 %). Cette différence, si elle se prolonge, aura une conséquence mécanique : l'érosion massive de notre épargne. »
Les causes : dépenses de personnel, inflation et baisse des dotations
Pour expliquer ce déséquilibre, la présidente de TPM a pointé plusieurs facteurs : la hausse des dépenses de personnel, les contributions accrues à certains services publics essentiels comme le transport, ainsi que « l'environnement inflationniste ». Elle a également évoqué la baisse des dotations de l'État et la réduction des subventions. Ces éléments pèsent sur les finances de la métropole, qui doit composer avec des recettes qui progressent moins vite que les charges.
« Si nous ne faisons rien, cette situation conduira à une dégradation progressive de notre capacité d'action. Moins d'épargne, c'est moins de capacité à financer nos investissements, c'est plus de recours à l'emprunt et, à terme, une tension sur la solvabilité », a prévenu Josée Massi.
Anticiper plutôt que subir
La femme politique a insisté sur l'urgence d'agir dès maintenant, alors que la situation est encore favorable : « C'est un enjeu stratégique pour les années à venir. Il faut anticiper plutôt que de subir. […] C'est quand la situation est encore favorable que les décisions les plus utiles doivent être prises. »
Interrogée sur les mesures concrètes envisagées, Josée Massi n'a pas donné de détails précis. Elle a simplement évoqué la nécessité de « maîtriser durablement nos dépenses, sécuriser nos recettes en mobilisant tous les leviers et prioriser nos investissements pour concentrer nos moyens sur les projets structurants ». Une future hausse des impôts ou des arbitrages sévères sur les chantiers à mener n'ont pas été exclus, mais aucune décision n'a été annoncée.
L'opposition pointe les dérives passées
L'opposition, par la voix de la députée Laure Lavalette (RN), a saisi l'occasion pour critiquer la gestion de la majorité. « L'an dernier, nous avions lancé une alerte sur la subvention versée par la Métropole à la Villa Noailles. Notre groupe appelait votre gouvernance à la plus grande vigilance quant à la gestion de cet établissement. Il ne s'agissait pas d'un calcul politique mais d'une exigence de rigueur vis-à-vis de l'argent du contribuable. Quelques mois plus tard, la gestion de la Villa Noailles était sévèrement épinglée… », a-t-elle déclaré, soulignant que les problèmes financiers ne sont pas nouveaux.
Cette intervention a ravivé les tensions autour de la gestion des subventions culturelles, un sujet sensible pour la métropole. Reste à savoir si les avertissements de Josée Massi seront suivis d'actes concrets pour éviter une dégradation durable des comptes de TPM.



