Scission de Vivendi : la cour d'appel donne raison à Vincent Bolloré
Scission de Vivendi : la cour d'appel donne raison à Bolloré

La cour d'appel de Paris a rendu un arrêt favorable à Vincent Bolloré dans le litige opposant le groupe Vivendi à des actionnaires minoritaires contestant le projet de scission du conglomérat. Cette décision, publiée le 8 juillet 2026, autorise la division de Vivendi en quatre entités distinctes, une opération majeure qui redessine le paysage des médias et de l'édition en France.

Le contexte de la scission

Annoncée en décembre 2025, la scission de Vivendi visait à séparer ses activités dans les médias (Canal+), l'édition (Hachette Livre), la publicité (Havas) et la communication (Prisma Media). Le groupe, contrôlé par la famille Bolloré, justifiait cette opération par la volonté de dégager des synergies et de maximiser la valeur pour les actionnaires. Cependant, plusieurs actionnaires minoritaires, représentant environ 2,5 % du capital, avaient contesté le projet devant les tribunaux, arguant d'un préjudice lié à la perte de liquidité et à une sous-évaluation des actifs.

Les arguments de la cour

Dans son arrêt, la cour d'appel a rejeté l'ensemble des griefs des opposants. Elle a estimé que la procédure de scission avait respecté les règles de droit des sociétés et que les actionnaires avaient été correctement informés. “La cour considère que le projet de scission est conforme à l'intérêt social de Vivendi et ne porte pas une atteinte disproportionnée aux droits des actionnaires minoritaires”, a déclaré le président de la chambre commerciale. Les juges ont également validé le rapport d'évaluation présenté par le conseil d'administration, qui attribuait une valeur globale de 18,5 milliards d'euros aux quatre entités issues de la scission.

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Les réactions des parties

Vincent Bolloré, PDG de Vivendi, s'est félicité de cette décision. “C'est une victoire pour la stratégie de création de valeur que nous menons depuis plusieurs années. La scission permettra à chaque filiale de se développer avec plus d'agilité”, a-t-il commenté dans un communiqué. De leur côté, les actionnaires minoritaires, emmenés par l'association ADAM (Association pour la Défense des Actionnaires Minoritaires), ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation. “Cette décision ignore les intérêts légitimes des petits porteurs. Nous irons jusqu'au bout pour obtenir justice”, a réagi Me Jean-Pierre Martineau, avocat des plaignants.

Impact sur le marché

L'annonce de la validation a immédiatement eu des répercussions sur les marchés financiers. L'action Vivendi a bondi de 4,2 % à la Bourse de Paris, atteignant 24,80 euros, dans un volume d'échanges élevé. Les analystes estiment que la scission pourrait libérer une valeur cachée de 20 à 30 % par rapport à la capitalisation actuelle. “La décision de la cour d'appel lève une incertitude majeure pour le groupe. Les investisseurs saluent la clarification du calendrier”, a commenté un analyste de la banque d'affaires Lazard.

Prochaines étapes

La scission effective devrait intervenir d'ici la fin de l'année 2026, après l'obtention des dernières autorisations réglementaires. Chacune des quatre nouvelles entités sera cotée en Bourse, avec une répartition des actions attribuée aux actionnaires de Vivendi au prorata de leur participation. Le groupe prévoit également de redistribuer une partie de la trésorerie générée, estimée à 1,2 milliard d'euros, sous forme de dividendes exceptionnels.

Cette décision judiciaire marque un tournant dans la stratégie de Vincent Bolloré, qui avait déjà orchestré la scission de plusieurs autres conglomérats familiaux. Elle confirme la tendance à la fragmentation des grands groupes médiatiques face aux défis du numérique et de la concurrence internationale.

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