Le Cluster Provence Rosé, qui réunit les professionnels de la filière des vins de Provence, a annoncé lors de son assemblée générale le 24 juin 2026 au château du Rouët des mesures de régulation pour limiter la surproduction de vin AOP. Philippe Brel, coprésident de la commission économie du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP) et membre du Cluster, a présenté les défis du secteur.
Une action offensive pour distinguer le rosé de Provence
« Nous allons d’abord mener une action offensive qui vise à distinguer le produit dans les rayons, que ce soit en France ou à l’étranger, avec un signe distinctif, et cela sera mis en place dès la récolte de 2026 », a déclaré Philippe Brel. « Le Provence est le meilleur rosé du monde mais il faut encore le faire savoir. »
Cette initiative vise à renforcer la notoriété et la valeur perçue du rosé de Provence, qui bénéficie déjà d'une image forte liée à la gastronomie et à la culture provençale. Selon Philippe Brel, la filière génère un milliard d’euros de ventes rien que dans le Var, ce qui justifie la défense des trois appellations AOC : Coteaux Varois, Côtes de Provence et Coteaux d’Aix-en-Provence.
Des mesures défensives pour équilibrer le marché
« Le deuxième enjeu est plus défensif. Pour créer de la valeur, il faut avoir un marché équilibré », a expliqué Philippe Brel. « Depuis maintenant deux ou trois ans, nous avons constaté que la baisse générale de la consommation des vins touche aussi le rosé. » En moyenne, la production annuelle de rosé de Provence atteint 1,1 à 1,2 million d’hectolitres, alors que la consommation est d’environ 1 million d’hectolitres, créant un excédent.
Pour remédier à cette situation, le Cluster a décidé de voter le 3 juillet 2026 des mesures de régulation de la production, inspirées de celles mises en œuvre par les vins de Champagne. « Une quantité qui correspondra à ce que nous sommes capables de vendre aujourd’hui », a précisé Philippe Brel. « Et les années suivantes, on pourra mettre des quotas. Attention, on ne parle pas d’arrachage, mais d’affecter à la production AOP un peu moins de surface. »
Perspectives : valorisation plutôt que volume
Philippe Brel est confiant quant à l'avenir de la filière : « On estime qu’on ne fera pas de croissance en volume, mais il y a encore des possibilités de valorisation et d’atteindre des cibles de marché qualitatives. » Il souligne que l’export représente actuellement 42 % de l’activité, offrant un potentiel de croissance significatif. « La filière est très loin d’être désespérée ! Elle a juste besoin de savoir gérer son potentiel, et donc d’équilibrer le marché à la source, pour avancer de façon moins chaotique. »
Le Cluster Provence Rosé, créé en 2024, défend les intérêts des entreprises qui fournissent, conseillent, accompagnent ou distribuent la filière des vins de Provence. Présidée par Frédéric Bergon, l’association compte 47 adhérents et 10 partenaires institutionnels.



