Désir et déception au cœur des débats de la Semaine PhiloMonaco 2026
Désir et déception : les débats de PhiloMonaco 2026

Ce vendredi 26 juin 2026, la Médiathèque Caroline de Monaco a accueilli une table ronde intitulée « Désir et déception », dans le cadre de la cinquième édition de la Semaine PhiloMonaco, qui s'achève ce dimanche 28 juin. Huit intervenants — philosophes, psychiatres et écrivains — ont exploré les méandres de l'aspiration humaine, une notion que le philosophe et journaliste Robert Maggiori a décrite comme essentielle : « Privé de tout désir, l'être humain serait comme un arbre sans racines. »

Le désir, entre frustration et ennui selon Schopenhauer

Le débat s'est ouvert sur une citation d'Oscar Wilde : « Il n'y a que deux tragédies dans la vie. L'une est de ne pas avoir ce que l'on désire, l'autre c'est de l'obtenir. » Le Professeur Philippe Grimbert, chef du service néphrologique transplantation au CHU Henri-Mondor, a rappelé la vision de Schopenhauer, qui décrit le désir comme un pendule oscillant « entre la frustration et l'ennui ». Face à cette dialectique, la philosophe Isabelle Alfandary a évoqué une « économie du désir » liée au manque, citant le concept lacanien de « l'objet cause », une dynamique visant à retrouver une part originelle et inconsciente perdue.

Le capitalisme sanitaire et les applications de rencontre en cause

La chercheuse Clélia Gasquet-Blanchard a pointé les dérives d'un « capitalisme sanitaire » où la relation elle-même est transformée en objet de consommation. Le psychiatre Nicolas Moysan a souligné le désarroi engendré par les applications de rencontre : la frénésie du choix virtuel atrophie le circuit neurologique de la récompense. « La possibilité sans cesse renouvelée de retrouver quelqu'un produit un effet finalement de perte de sens », générant une déception massive par l'érosion de la véritable altérité, selon lui.

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Traverser la négativité et retrouver la magnanimité

L'écrivaine Chantal Thomas a noté que la déception naît souvent d'une attitude romantique qui refuse le risque de l'imprévu. La philosophe Corine Pelluchon a exhorté à « traverser la négativité », refusant le ressentiment et prônant un retour à la « magnanimité » cartésienne, une grandeur d'âme offrant une assise intérieure pour accepter les limites de la condition humaine.

Charlotte Casiraghi : « On parle beaucoup de bien-être mais peu de désir »

Charlotte Casiraghi, qui a justifié le choix du thème, a constaté : « On parle beaucoup de bien-être, de santé, mais on parle finalement assez peu de désir. » Elle a pointé la confusion entre désir et satisfaction immédiate, rappelant que nos aspirations portent « notre authenticité, ce qui nous meut, ce qui nous pousse en avant ». Selon elle, la réussite des Rencontres Philosophiques de Monaco réside dans la méthode de transmission horizontale, mêlant des intervenants de niveaux de complexité différents pour permettre aux auditeurs de se sentir accueillis et actifs. D'autres rencontres sont organisées jusqu'au 28 juin 2026. Plus d'informations sur philomonaco.com.

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