Incollables ! En cette période de Coupe du monde 2026, Panini s’impose sur le terrain de la vignette. Son album « World Cup » séduit plus d’une collectionneuse et d’un collectionneur et soulève des interrogations, notamment sur le coût de sa « complétion » et sur la répartition de ses doubles dans les paquets. 20 Minutes a contacté la maison d’édition italienne afin de mieux comprendre sa tactique.
« Notre but n’est pas de faire dépenser beaucoup »
En France, le coût pour compléter l’album « World Cup » fait débat sur les réseaux sociaux, notamment du fait du nombre de stickers à acquérir : 980. « Pour la première fois, la Coupe du monde de la FIFA se joue à quarante-huit équipes, souligne Isabelle Fillon, directrice marketing et communication de Panini. On s’est adapté au format de la compétition. Notre but n’est pas de faire dépenser beaucoup d’argent à nos clients. »
À 1,50 € la pochette de sept cartes et 3,50 € l’album vierge, les tarifs de départ sont raisonnables. Pour autant, combien allez-vous devoir dépenser pour remplir votre album ? « Mathématiquement, si on prend 980 stickers divisés par sept vignettes par pochette, cela veut dire qu’il faut déjà acheter 140 pochettes. On est à 215 € », calcule Isabelle Fillon. Dans la pratique, et avec des échanges réguliers, les collectionneurs avisés estiment qu’il est possible de terminer son cahier avec environ 180 à 250 pochettes. Compter donc 270 à 375 €. Mais pour parvenir à le compléter, il va falloir muscler votre jeu afin de devenir un fin échangeur.
Quel pack privilégier pour attaquer du bon pied ?
eBay, Leboncoin, Vinted sont autant d’applis et de sites pris d’assaut par les mordus de vignettes. Deux semaines avant même le coup d’envoi du Mondial, les recherches liées aux albums Panini ont explosé sur Vinted, en France : + 603 % en mai 2026 par rapport au mois de mai 2025*. « Il y a aussi des banques d’échanges, organisées un peu partout en France par des municipalités, indique Isabelle Fillon. Cette année, Panini a mis en place des stands d’échanges dans des galeries commerçantes et différentes enseignes. »
Pour la responsable de Panini, l’entrée en jeu dans la collection de vignettes a son importance. « Afin d’aller jusqu’au bout de l’album, il vaut mieux acheter une boîte de 144 pochettes d’entrée, assure-t-elle. Mécaniquement, elle contient moins de doubles que lorsqu’on achète une pochette à l’unité […]. Quand on ouvre ce pack, on se rend compte qu’il y a un niveau de double relativement faible. Alors que si on achète des pochettes ou des plus petits packs, il y a plus de chances de tomber sur des doubles. On peut alors retomber sur des pochettes qui ont été éditées en même temps et qui vont être similaires. »
Les « Extra Stickers », un modèle américain
« Sur la collection ''Coupe du Monde'', on met jusqu’à deux cents sujets différents par feuille d’impression, détaille Isabelle Fillon. Il y a un procédé industriel qui permet de s’assurer qu’il n’y ait pas de doubles dans une même pochette. Dans les packs de huit pochettes, on essaie de ne pas proposer de doubles. Cela peut arriver, mais on essaie vraiment de minimiser le risque. » Sur les différents sites d’échanges, des vignettes sont plus recherchées que d’autres. Et pour cause, pas moins de 80 vignettes (sur les 980 à collectionner) sont estampillées comme « rares ».
« Ces cartes rares répondent aux codes de nos collègues américains, note la directrice de Panini. Comme avec Pokémon, ils sont habitués à monétiser des produits à collectionner, et ce procédé est bien répandu aujourd’hui. Dans la collection ''Coupe du monde 2026'', ces cartes s’appellent les ''Extra Stickers''. » Elles mettent en avant vingt stars du football, comme Kylian Mbappé, en action et en quatre variantes : regular (violet), bronze, argent et or (la plus rare).
En moyenne, le collectionneur va en trouver une toutes les cent pochettes. « J’en ai vu qui sont proposées à la vente pour 50 €, 100 €, 200 € et même davantage sur eBay », s’étonne Isabelle Fillon. Une stratégie qui permet d’élargir le panel d’acheteur. « Les albums Panini marchent toujours très fort, assure Franck Mathais, porte-parole de Joué Club. Ils attirent aujourd’hui une clientèle d’ados et d’adultes. »
Un set « update » mis à la vente
Mais la soif de cartes - et de rareté - ne s’arrête pas là, puisque la maison d’édition italienne a un partenariat officiel avec Coca-Cola. La marque de boisson gazeuse distribue en France et dans plusieurs pays des vignettes Panini exclusives cachées derrière l’étiquette de certaines bouteilles. Ces vignettes Coca sont des stickers exclusifs, qui se distinguent des pochettes classiques. Côté collectionneurs, on parle d’une série spéciale ''CC''. Panini s’est aussi associé à Monopoly pour proposer un jeu Monopoly Panini Prizm dans lequel les joueurs peuvent retrouver 24 cartes Monopoly Panini Prizm FIFA, à collectionner ou pour jouer.
S’il ne vous reste que quelques vignettes manquantes, Panini propose, à partir de ce mercredi sur son site Internet, la possibilité d’acheter les vignettes « Coupe du monde 2026 » à l’unité (0,50 €). « Les collectionneurs peuvent commander jusqu’à cinquante stickers », précise la directrice de chez Panini. Cela permet de compléter son album ou l’équipe de son choix. »
Enfin, vous avez pu remarquer qu’Hugo Ekitike n’est pas dans la sélection des Bleus et qu’il figure tout de même dans votre album… Panini, qui a concocté et commercialisé son album avant l’annonce de la liste officielle de Didier Deschamps, a pensé à tout, et notamment aux sets de « mise à jour ». « Il y a 120 nouveaux stickers édités qui permettent de remplacer un joueur finalement absent de sa sélection », conclut la responsable de Panini. Un set « update » qui devrait faire soulever le cœur de bien des collectionneurs.
*Source : Service de presse Vinted.



