Lors d'un déplacement dans l'Allier, le président Emmanuel Macron a présenté un plan de réindustrialisation centré sur 150 projets stratégiques, répartis sur 63 départements, pour un investissement total de 71 milliards d'euros. S'inspirant de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le chef de l'État souhaite simplifier et accélérer les procédures administratives pour faciliter le déploiement de ces projets.
Une méthode contestée
Pour Anaïs Voy-Gillis, géographe spécialiste des questions industrielles et autrice de « Pour une révolution industrielle » (Presses de la Cité, 2025), cette approche est insuffisante. « Simplifier certains dossiers ne constitue pas une politique industrielle », estime-t-elle. Selon elle, les mesures annoncées ne répondent pas à l'ampleur des défis posés par la concurrence chinoise et américaine.
Des enjeux de fond ignorés
La spécialiste souligne que la réindustrialisation nécessite une vision à long terme, incluant la formation, l'innovation et le soutien aux filières stratégiques. Or, la méthode « Notre-Dame » se concentre sur l'accélération des chantiers sans aborder les questions structurelles. « On risque de créer des usines sans main-d'œuvre qualifiée ni débouchés », prévient-elle.
Le plan présidentiel prévoit notamment l'extraction de lithium à Echassières, dans l'Allier, pour réduire la dépendance aux importations. Mais pour Anaïs Voy-Gillis, ces projets isolés ne suffiront pas à inverser la désindustrialisation. Elle appelle à une coordination européenne et à des investissements massifs dans la recherche et le développement.
En conclusion, si l'intention de simplifier l'administration est louable, elle ne peut à elle seule constituer une politique industrielle cohérente. Les défis sont bien plus vastes et exigent une mobilisation de tous les acteurs, de l'État aux collectivités locales, en passant par les entreprises et les citoyens.



