Dans le Rhône, une entreprise lyonnaise, Élevage et Patrimoine, relance l'épargne agricole avec son produit MyMarguerit. Ce placement, basé sur des actifs bovins, compte déjà plus de 5 000 clients en France. L'idée ? Investir dans des vaches plutôt que dans des cryptomonnaies.
Un placement qui a fait ses preuves
Carl Darjinoff, directeur de la société d'investissement, rappelle que cette solution existe depuis le Moyen Âge, sous le nom de gazaille. Les citadins finançaient les ruraux et partageaient les fruits de la production. En 1804, Napoléon a encadré cette pratique avec le bail à cheptel. Basée à Dardilly, Élevage et Patrimoine a modernisé ce concept en permettant à ses clients d'acquérir des génisses.
Une valeur refuge dans un contexte incertain
Depuis 2021, l'entreprise est référencée auprès de l'Autorité des marchés financiers, ce qui a ouvert son placement à un public plus large. Selon Carl Darjinoff, les investisseurs, inquiets de la situation économique et géopolitique, cherchent à diversifier et sécuriser leur capital. Les vaches deviennent alors une valeur refuge. Aujourd'hui, Élevage et Patrimoine gère 40 000 bêtes en partenariat avec près de 1 000 agriculteurs.
Comment fonctionne l'investissement ?
Pour un investisseur, l'achat d'une vache coûte actuellement 2 316 euros, frais d'entrée inclus. Il s'agit d'un investissement sur moyen à long terme (5 à 10 ans), avec une revente qui rapporte. Au bout de 5 ans, la plus-value est exonérée d'impôt. Les vaches sont réformées et remplacées après 9 ans. L'éleveur, de son côté, paie 28 euros par mois par animal loué. Les génisses sont immédiatement opérationnelles, ce qui aide les jeunes agriculteurs à s'installer sans s'endetter davantage.
Un exemple concret dans l'Ain
Justine Chêne et son mari Aurélien, éleveurs à Beaupont depuis cinq ans, possèdent un troupeau de 80 vaches. Leur lait sert à produire de la crème et du beurre de Bresse AOP. Pour s'installer, ils ont contracté un prêt de 750 000 euros pour le foncier, les bâtiments et le matériel, mais n'avaient plus assez pour acheter suffisamment de vaches. Ils en ont donc loué la moitié. Quatre fois par an, des techniciens de Gestel, la régie technique, visitent les génisses pour vérifier leur bien-être.
Des investisseurs séduits
Emmanuel, habitant de la banlieue lyonnaise, a acheté quatre vaches il y a deux ans pour ses enfants de 15 et 20 ans. Il souhaitait leur transmettre du patrimoine et des valeurs. Le bitcoin ne l'inspirait pas, contrairement à l'agriculture française. Chaque vache lui a coûté 1 750 euros. L'objectif de performance pour les dix prochaines années est de 5,5 % par an. Le prix des vaches à l'achat a augmenté de 566 euros en deux ans, preuve de la forte demande. Emmanuel compte agrandir son troupeau familial. Ses enfants sont fiers de posséder l'acte de propriété avec le numéro d'immatriculation de leurs vaches. Son fils a même fait de ce sujet son grand oral du bac.



