Un double anniversaire chez Dassault Aviation
Le 29 avril 1982, le personnel de l'usine Marcel Dassault de Mérignac célébrait un événement exceptionnel : la sortie simultanée du 500e Mirage F1 et du 100e Mystère-Falcon 50. Ces deux avions, emblématiques de l'aéronautique française, marquaient l'histoire de Dassault Aviation.
Le Mirage F1 : un avion de combat polyvalent
Le programme Mirage F1 est né d'une double nécessité. Marcel Dassault était conscient qu'il devait s'adapter aux besoins de l'armée de l'air française, qui souhaitait diminuer les vitesses d'atterrissage de ses appareils. De plus, l'avenir des avions à gros moteurs s'obscurcissait, car ils étaient devenus trop onéreux pour l'exportation.
Après une dizaine d'années de recherche et d'essais sur fonds propres, et malgré l'accident mortel du chef pilote René Bigand le 18 mai 1967, le premier vol de l'avion de série numéro 1 du Mirage F1 a eu lieu à Mérignac le 15 février 1973, avec aux commandes Guy Mitaux-Maurouard.
Dans le journal Sud Ouest du 20 mars 1973, le journaliste Germain Chambost, ancien pilote, annonçait que le Mirage F1 pourrait atteindre Mach 2,5 et que le carnet de commandes était déjà bien rempli. L'armée française en a acheté 105 exemplaires (le premier lui sera livré le 14 mars 1974), l'Espagne 15 et l'Afrique du Sud 48. Les ventes à l'exportation du successeur du Mirage III ont été facilitées par un accord entre Dassault-Breguet et la Snecma pour le doter d'un nouveau réacteur.
La mise au point du nouvel avion s'est faite grâce à des crédits de la Défense nationale. Le super F1 a bénéficié d'améliorations aérodynamiques augmentant sa manœuvrabilité. Équipé de son nouveau réacteur, il pouvait atteindre une vitesse équivalente à deux fois et demie celle du son, tout en élargissant son rayon d'action et en diminuant sa consommation. De quoi rivaliser avec les appareils de combat de l'URSS et des États-Unis.
Le Mystère-Falcon 50 : l'avion d'affaires triréacteur
Pour le Mystère-Falcon, c'est en 1954 que le bureau d'études de Mérignac a envisagé un premier projet de biréacteur d'affaires sous le nom de Méditerranée. Quelques années et innovations plus tard, le Mystère-Falcon 50 a été créé pour contenter les clients souhaitant traverser l'Atlantique Nord ou les États-Unis sans escale.
Le Falcon 50, triréacteur Garrett TFE 731-3, a effectué son premier vol à Mérignac le 7 novembre 1976, avec comme pilotes Hervé Leprince-Ringuet et Gérard Joyeuse. En décembre 1976, le prototype a été doté d'une aile optimisée et est devenu le premier avion civil au monde équipé d'une voilure dite supercritique, permettant d'augmenter la vitesse de croisière, d'installer des réservoirs de carburant plus grands et de diminuer la consommation.
La première livraison a été effectuée au brasseur américain Anheuser-Busch le 15 novembre 1979, et le deuxième exemplaire a été livré à la présidence de la République française le 31 janvier 1980. Ce n'était que le début, puisque le 29 avril 1982, l'usine Dassault de Mérignac fêtait la sortie du 500e Mirage F1 et du 100e Mystère-Falcon 50.
Fin de production et héritage
Le dernier Falcon 50 est sorti de chaîne en 2007, portant le numéro 352. Le Mirage F1 a été retiré du service en France le 13 juin 2014, mais il est toujours utilisé dans certains pays. Ces deux avions restent des symboles de l'excellence aéronautique française.



