L'artiste Sylvia Mota présente ses œuvres jusqu'au 14 mai 2026 dans la salle Garnier, l'ancienne coopérative de Sainte-Anastasie-sur-Issole, près de Brignoles. Depuis le vendredi 24 avril, le public peut découvrir des toiles qui mêlent références culturelles et détournements audacieux.
Une technique fondée sur la référence et le détournement
La technique de Sylvia Mota repose sur deux piliers : la référence et le détournement. L'artiste, dont la maîtrise technique est indéniable, attire le spectateur avec des images familières issues du fonds culturel commun : portraits d'actrices célèbres, femmes habillées à la mode des années 1920, tableaux célèbres, papyrus égyptiens ou portraits d'écrivains. Mais derrière cette familiarité se cache un discours engagé, notamment sur la dignité des femmes et le refus de l'aliénation.
Un regard neuf sur des œuvres classiques
Par exemple, Sylvia Mota revisite La Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix. Elle met en avant l'érotisme du tableau original, faisant de la sensualité le sujet principal. Sa Liberté, robe fendue et voile doré flottant sous le drapeau tricolore, assume pleinement sa féminité. La victoire est ici celle sur la concupiscence, représentée par des hommes écrasés dans l'ombre à ses pieds.
Des statues antiques revisitées
L'autre procédé caractéristique de Sylvia Mota est l'utilisation de personnages en gris et blanc, évoquant des statues antiques. Ces figures masculines, musclées ou vêtues de drapés, sont détournées par l'ajout d'éléments colorés : un premier plan abstrait, un objet insolite qui change le sens de l'œuvre. Par exemple, une pomme rouge croquée gît aux pieds d'un groupe d'hommes en drapés ; l'un d'eux est affalé, peut-être après avoir mordu dans la pomme. Un calice et une clé ouvragée offrent des indices d'interprétation. Ailleurs, une statue antique porte de petites lunettes rondes de star de rock, et le marteau du juge qu'elle tient semble prêt à être lancé.
Un regard ironique et sans concession
Sylvia Mota peint quotidiennement depuis plus de cinquante ans. Elle propose une lecture originale et sans concession du monde, mêlant émerveillement pour le beau, mise en valeur de la féminité, et usage de l'ironie, voire du sarcasme, pour abattre les idées reçues. Son exposition à Sainte-Anastasie-sur-Issole est une invitation à voir le monde sous un angle nouveau.



