Hongrie : le nouveau gouvernement réexamine le plan de défense SAFE de 16 milliards d'euros
Hongrie : réexamen du plan de défense SAFE de 16 milliards

Le futur Premier ministre hongrois, Péter Magyar, dont l'investiture est prévue début mai, lance un réexamen du plan de défense SAFE d'un montant de 16 milliards d'euros, présenté par le précédent gouvernement de Viktor Orbán. Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre Budapest et Bruxelles, que le nouveau chef du parti Tisza, vainqueur des élections du 12 avril face à l'eurosceptique Orbán, entend apaiser.

Un plan controversé

Le programme SAFE, lancé par la Commission européenne l'année dernière, vise à renforcer l'industrie de défense européenne face à la menace russe, via des crédits à faibles taux d'intérêt. L'enveloppe totale de 150 milliards d'euros doit être répartie entre 19 États membres. La demande hongroise de 16,2 milliards d'euros figurait parmi les trois plus importantes, derrière la Pologne et la Roumanie.

Selon une source au sein du parti Tisza citée par Euronews, l'équipe de Péter Magyar examinera « d'un œil critique » la liste soumise par le gouvernement sortant et prendra des décisions basées sur les besoins réels et une évaluation des risques de corruption. Bien que les détails des soupçons restent confidentiels pour des raisons de sécurité, ils pourraient concerner des intérêts industriels liés à l'ancien gouvernement.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions et critiques

La Commission européenne, qui n'avait pas encore validé le plan hongrois, a accepté le réexamen. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a déclaré : « La Commission est, bien sûr, ouverte à l'idée de discuter du plan SAFE hongrois avec le nouveau gouvernement. » Cependant, des diplomates hongrois ont critiqué le retard pris par Bruxelles dans l'examen de la proposition, suggérant des motivations politiques. En mars, la Commission avait déjà approuvé les plans de la France et de la République tchèque. Un haut fonctionnaire hongrois a accusé la Commission d'avoir délibérément reporté l'approbation du plan hongrois après les élections, ce que Bruxelles a démenti.

Dégel des fonds européens

Cette annonce s'inscrit dans un rapprochement entre Bruxelles et le futur gouvernement hongrois, perçu comme plus pragmatique vis-à-vis de l'UE. Le week-end dernier, une délégation de haut niveau de la Commission s'est rendue en Hongrie pour rencontrer l'équipe de Magyar. Outre le plan SAFE, les discussions ont porté sur le déblocage de 10 milliards d'euros de fonds européens gelés par Bruxelles en raison d'accusations de corruption et de non-respect de l'État de droit sous l'ancien gouvernement. L'équipe de Péter Magyar a jusqu'à l'été pour parvenir à un accord avec la Commission et espère dégeler ces financements.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale