Publicité « Sans terrains, on risque d’avoir des problèmes sur le contrat signé » : le président de l’Automobile Club de Monaco incite le gouvernement à agir pour dégager l’horizon du Grand Prix F1 de Monaco
Le Grand Prix de Monaco a été prolongé au calendrier du championnat du monde jusqu’en 2035, mais le président de l’Automobile Club de Monaco, Michel Boéri, alerte sur les engagements pris par l’État monégasque. En septembre 2025, la FIA annonçait la prolongation de son contrat avec Monaco et l’inscription de l’épreuve au championnat du monde F1 jusqu’en 2035, soit une rallonge de quatre ans sur le contrat précédent, signé en 2024. Ce contrat prévoit que l’événement monégasque glisse de fin mai à début juin, des concessions sur les droits publicitaires ou encore la production télévisée. Et comme sur chaque épreuve, un engagement à investir sur le circuit et son pourtour. Sur ce point, Michel Boéri alerte l’État : le compte n’y est pas.
Un retard préoccupant dans les travaux promis
« Contractuellement, l’horizon n’est pas dégagé pour dix ans ? Normalement cinq ans, c’est sûr. Mais si jamais ce fameux terre-plein qu’on avait promis pour 2027 n’est pas prêt, on risque d’avoir des problèmes sur le contrat signé. Or, cela fait un an et demi qu’on patauge », déclare Michel Boéri. Il s’interroge sur les solutions alternatives : « Et pourquoi pas une barge ? Et pourquoi pas des pieux dans la boue ? J’ai vraiment la sensation qu’on ne voulait pas faire et si le gouvernement arrive à tenir les engagements contractuels que j’ai signés et qui étaient approuvés, ce sera certainement une année plus tard que prévu. » Le problème est de faire comprendre aux partenaires de la Formule 1 qu’on ne va pas rompre un contrat qui va cinq ans plus tard. « Parce qu’en droit, il y a la continuation d’un contrat et la rupture, c’est-à-dire repartir sur un contrat nouveau qui peut stipuler tout et son contraire. Mais je n’ai pas l’impression que cela interroge beaucoup les autorités administratives. Or, la seule façon de protéger l’avenir bien au-delà de 2035, c’est de libérer des terrains. On ne va pas pousser les immeubles. La FIA ne nous l’a jamais demandé. Des gens du pays se mettent aussi à imaginer de réformer le circuit, s’ils provoquent un accident après leurs belles réformes, ils foutent l’Automobile Club en l’air. »
Un combat de longue haleine pour Michel Boéri
Michel Boéri, président de l’Automobile Club de Monaco depuis 1972, rappelle son combat permanent pour maîtriser l’emprise du circuit dans un pays en perpétuelle construction. « Tout mon combat vis-à-vis des autorités internationales, des pilotes et des constructeurs, c’était de ne pas la ramener et se faire respecter. Ce serait quand même tragique pour Monaco de perdre une vitrine semblable », souligne-t-il. Interrogé sur ce qui le met le plus en colère, il répond : « Les vraies difficultés qui auraient pu être évitées, je les ai rencontrées au niveau de l’administration monégasque. De petits chefs qui ne voient pas l’intérêt général et qui ne réalisent pas qu’ils sont payés grâce au succès de Monaco. C’est clair, net et précis, se reconnaîtra qui veut ! »



