De notre envoyé spécial à Roland-Garros, Marta Kostyuk n'avait encore jamais perdu un set face à Mirra Andreeva, qu'elle avait dominée facilement à Brisbane et à Madrid ces dernières semaines. Pourtant, jeudi, en demi-finale, elle n'a jamais existé face à la Russe. Question d'expérience, de sensations, de conditions, tout ce que vous voulez, il n'y a pas eu match, à part un court instant, quand le toit s'est fermé et que l'Ukrainienne a enfin pris le service de la Russe. Un feu de paille et une fin en queue de poisson pour Kostyuk, qui semblait pourtant habitée par une volonté supérieure.
« J'ai eu assez de mauvais jours pour savoir que ce n'est pas la fin du monde de perdre un match. Je pense que c'est le tournoi qui lui correspond le mieux, elle a très bien servi, elle a mieux maîtrisé le vent, c'est comme ça », a préféré positiver la 12e joueuse mondiale, qui disputait la première demi-finale de Grand Chelem. Relancée sur le conflit russo-ukrainien et la perspective, dimanche, de voir une finale 100 % russe sur le Chatrier entre Andreeva et Shnaider, Kostyuk n'a pas souhaité en rajouter : un simple « je m'en fiche » asséné avec le sourire, comme pour passer à autre chose.
Elle qui avait fondu en larmes après son quart de finale victorieux, touchée par le soutien d'un public parisien qui a encore poussé autant qu'il a pu derrière elle jeudi, a préféré prendre du champ pour repenser à toutes ces années à lutter contre une personnalité volcanique « et un peu folle », pour arriver à une forme d'équilibre. « J'avais besoin de changer la façon dont je voyais ma vie et ma carrière, j'étais dans le contrôle permanent, je n'étais pas une personne heureuse, et ce combat je l'ai gagné contre moi-même, ça vaut tous les Grand Chelems du monde ». Espérons pour elle que ce nouvel apaisement trouve un prolongement dans les mois à venir.



