Ce lundi 22 juin, la France et l'Allemagne ont annoncé leur intention de devenir co-actionnaires à parité du groupe de défense KNDS, marquant un renforcement de leur coopération militaro-industrielle après l'échec du projet d'avion de combat Scaf début juin. Un communiqué de l'Élysée précise que les "principes fondateurs sont un engagement actionnarial de long terme, la parité des droits de gouvernance, et une surveillance appropriée des sujets de sécurité".
Un partenariat relancé après le fiasco du Scaf
L'échec du projet Scaf avait mis à mal la coopération franco-allemande, jugée essentielle pour la souveraineté européenne. Les désaccords sur la gouvernance avaient tendu les relations entre les deux pays pendant plusieurs années. Cette annonce montre que le partenariat n'est pas mort.
KNDS, né en 2015 de la fusion de l'allemand Krauss-Maffei Wegmann et du français Nexter Systems, est le fabricant des chars français Caesar et du char allemand Leopard. Il travaille également au char du futur MGCS. L'État français détient actuellement 50 % du capital, l'autre moitié appartenant à la famille allemande fondatrice de Krauss-Maffei Wegmann, dont le retrait envisagé a ouvert la voie à l'entrée de Berlin, qui compte acquérir 40 %.
Des négociations prudentes entre Paris et Berlin
L'accord intervient alors que l'Allemagne prévoit de consacrer plus de 750 milliards d'euros aux dépenses militaires d'ici 2030. La ministre allemande de l'Économie, Katherina Reiche, a déclaré que cette participation garantira "les technologies clés, la création de valeur industrielle et les emplois en Allemagne".
Selon Reuters, Berlin souligne que cette prise de participation vise à protéger les intérêts allemands face à la détention française de la moitié du groupe. Le gouvernement allemand a indiqué son intention de réduire sa participation ultérieurement, tout en conservant des droits de gouvernance égaux à ceux de la France, qui réduirait également sa part à terme.
Valorisation et introduction en Bourse
Cette prise de participation valorisera KNDS entre 15 et 18 milliards d'euros, selon une source proche de Reuters. Le directeur général de KNDS, Jean-Paul Alary, a déclaré que l'accord confirmait "l'importance stratégique" de l'entreprise pour "la capacité de défense, la base industrielle et la souveraineté technologique de l'Europe".
KNDS prévoit de déposer sa documentation officielle pour une introduction en Bourse, avec une première cotation visée avant la mi-juillet, selon des sources proches du Financial Times. Dans un communiqué commun, les deux pays affichent "une ambition claire : faire de KNDS un champion européen et mondial de la défense au service des forces armées françaises et allemandes".



