Le FMI alerte sur les conséquences économiques mondiales du conflit au Moyen-Orient
Le Fonds monétaire international (FMI) a publié ce mardi des prévisions économiques révisées à la baisse, mettant en garde contre l'impact généralisé de la guerre au Moyen-Orient. Selon l'institution basée à Washington, rares seront les pays à sortir indemnes sur le plan économique de ce conflit déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran.
Des projections de croissance revues à la baisse
Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du FMI, a expliqué à l'AFP que l'organisation s'attendait initialement à relever ses prévisions de croissance avant le déclenchement des hostilités. « Avant la guerre, nous nous préparions à relever nos prévisions », a-t-il déclaré. Au contraire, le Fonds a dû les abaisser significativement.
Dans son scénario de référence, qui suppose un conflit relativement court avec des perturbations temporaires du marché de l'énergie, la croissance mondiale serait limitée à 3,1% cette année, contre 3,3% attendus en janvier. Un scénario plus pessimiste, avec une guerre prolongée, pourrait même faire tomber la croissance mondiale à seulement 2%, un niveau historiquement faible à l'échelle planétaire.
Inflation en hausse et impacts différenciés
Face à la flambée des prix du pétrole, le FMI a également revu ses prévisions d'inflation à la hausse. L'institution s'attend désormais à une hausse des prix de 4,4% en moyenne dans le monde, soit 0,6 point de plus que les projections de janvier. « Il devrait y avoir une légère augmentation de l'inflation hors alimentation et énergie mais elle ne devrait pas durer », tempère cependant M. Gourinchas.
L'impact économique du conflit se répartit de manière très inégale selon les régions :
- La région Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie centrale est la plus touchée, avec une croissance divisée par deux
- L'Arabie saoudite voit sa croissance révisée à 3,1%, soit 1,4 point de moins que précédemment
- Les États-Unis résistent relativement bien avec une croissance attendue à 2,3% en 2026
Les économies émergentes montrent une résilience remarquable
Contrairement aux économies avancées, plusieurs grands pays émergents semblent mieux résister aux effets du conflit :
- La Chine ne perd que 0,1 point de croissance, se maintenant à 4,4%
- L'Inde voit même sa croissance revue à la hausse de 0,1 point, à 6,5%
- Le Brésil bénéficie d'une révision positive de 0,3 point, atteignant 1,9%
- La Russie profite de la hausse des prix pétroliers avec une croissance passant à 1,1%
« Pour Moscou, la hausse des prix du pétrole est une bonne nouvelle en termes de revenus issus de l'exportation », précise le chef économiste du FMI.
L'Europe plus vulnérable que d'autres régions développées
Parmi les économies avancées, l'Europe apparaît particulièrement vulnérable face aux conséquences économiques du conflit :
- Le Royaume-Uni est le pays le plus touché avec une croissance révisée à 0,8% seulement
- La zone euro voit sa croissance abaissée de 0,2 point, à 1,1%
- La France résiste mieux que l'Italie et l'Allemagne
- Le Japon et le Canada semblent mieux résister que leurs homologues européens
M. Gourinchas exprime également des inquiétudes sur le plan budgétaire : « Un certain nombre de pays ont annoncé des mesures pour protéger les ménages et les entreprises. Mais il y a peu de marge et emprunter ne fera que renforcer la dette ».
Ces nouvelles projections du FMI soulignent l'interdépendance croissante des économies mondiales et la vulnérabilité de la croissance globale face aux conflits géopolitiques majeurs. Alors que l'institution mise sur un conflit relativement court, l'incertitude demeure quant à la durée réelle des hostilités et à leurs conséquences économiques à plus long terme.



