La Commission européenne a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête formelle contre le géant pharmaceutique français Sanofi, soupçonné d'avoir abusé de sa position dominante sur le marché des vaccins antigrippaux. L'exécutif européen, qui avait déjà procédé à des perquisitions l'an dernier, accuse Sanofi d'avoir mené une campagne de dénigrement contre un vaccin concurrent.
Une campagne de dénigrement ciblée
Selon Bruxelles, Sanofi aurait cherché à discréditer le vaccin Fluad de l'entreprise australienne CSL Seqirus, en le présentant comme inférieur à son propre produit, l'Efluelda. « La Commission craint que Sanofi n'ait mené une campagne de communication trompeuse visant à dénigrer le vaccin Fluad en le présentant comme inférieur à l'Efluelda, allant ainsi à l'encontre des recommandations vaccinales nationales de plusieurs États membres », a expliqué la Commission dans un communiqué.
Des pratiques ciblant l'Allemagne et la France
Cette campagne de dénigrement aurait principalement visé les professionnels de santé en Allemagne et en France. Sanofi, de son côté, conteste fermement ces allégations. « Sanofi est convaincu d'avoir agi, et de continuer à agir, en totale conformité avec l'ensemble des lois et réglementations applicables, y compris le droit de la concurrence », a assuré une porte-parole du groupe.
Sanofi se défend et rappelle la procédure
Le groupe français a également tenu à rappeler que l'ouverture d'une procédure formelle ne préjuge en rien de l'issue de l'enquête. « L'ouverture d'une procédure formelle constitue une étape procédurale et ne préjuge en rien de l'issue de l'enquête. Sanofi demeure engagée en faveur d'une concurrence loyale et du maintien de l'accès des patients à des vaccins innovants », a ajouté la porte-parole.
Des sanctions possibles en cas de confirmation
Si les pratiques de Sanofi étaient confirmées, la Commission européenne pourrait prononcer une sanction pour abus de position dominante, sous la forme d'une amende. Dans le cadre de cette procédure, Sanofi peut également proposer des engagements pour répondre aux préoccupations de la Commission. L'enquête devrait déterminer si les actions de Sanofi ont effectivement entravé la concurrence sur le marché des vaccins antigrippaux en Europe.



