Déterminé à poursuivre la transformation de Montpellier, Michaël Delafosse répond aux polémiques qui entourent sa gestion. Rugby, propreté, déchets, transports, urbanisme : face aux critiques, il revendique des choix "responsables" et affirme que "Montpellier n'est pas à vendre".
GGL Stadium : une porte toujours ouverte
Interrogé sur les relations avec Mohed Altrad, propriétaire du MHR, Delafosse déclare : "Le club du MHR appartient aux Montpelliérains. Il existait avant M. Altrad. Ce dernier joue un rôle que je salue. Le stade est un bel outil et nous aidons le club. Nous y consacrons plus de 1,50 million d'euros d'argent public chaque année. Nous sommes avec MM. Assaf et Martin aux côtés du rugby, mais tout ne s'achète pas et je ne suis pas prêt à bétonner ou à supprimer des terrains sportifs. M. Altrad est milliardaire, bravo à lui, mais moi je suis dépositaire d'argent public et je dois agir en droit… Mais notre porte reste ouverte, d'ailleurs on se parle avec les enfants de M. Altrad sur l'AOT, le dialogue est présent et les moyens sont là pour développer ce sport magnifique. Mais je dis à M. Altrad, un candidat battu aux municipales, que Montpellier n'est pas à vendre."
Gestion des déchets : export, coût et CSR
Sur le dossier des déchets, Delafosse n'hésite pas à critiquer les écologistes : "Certains écologistes opposés au projet de CSR sont responsables de la réalisation de l'usine de méthanisation Ametyst qui, objectivement, relève du fiasco ! Je suis un élu responsable. Depuis 30 ans, on met la gestion des déchets sous le tapis. De la lutte homérique sur le Mas Dieu, l'abandon du projet à Fabrègues, les nuisances d'Ametyst au sud de Montpellier, la fermeture du casier de Castries sans plan B… On est la seule Métropole à ne pas avoir de solution pour ses déchets ultimes. Nous exportons 4 500 camions pour les enfouir ou les incinérer. On va, avec René Revol dont je salue l'action, transformer l'usine Ametyst, régler les problèmes de nuisances et créer, pour nos déchets ultimes, une chaudière avec un traitement des émissions parmi les plus avancés de France. Si nous ne faisons pas ce CSR, la TEOM (taxe d'enlèvement des déchets ménagers) va exploser. Et tous les contribuables de la Métropole devront payer très cher ! Avec le CSR, en 2030, nous pourrons la baisser. Mais il faudra aussi augmenter de façon importante le tri. Sans CSR, nous serons sans solution pour nos déchets… Mon principal regret, c'est de ne pas l'avoir fait dès mon élection. Mais en 2020, on arrive en plein Covid. La facture d'export, c'est 20 millions d'euros, et le CSDU de Castries est fermé. Donc je suis allé voir dans les usines, on a fait le tour… Le 16 juillet, on va examiner la DSP Ametyst. Nous sommes en situation de fragilité. Il faut arrêter de différer les problèmes. Le sérieux, c'est d'assumer."
Mobilités : vélo, tramway et travaux
Delafosse défend également sa politique de mobilités : "On arrive au terme d'une des plus grandes transformations de Montpellier. Nous avons mis tout en œuvre pour déployer des alternatives à l'automobile. Nous sommes la plus grande métropole d'Europe à appliquer la gratuité des transports, avec 30 % d'usagers en plus. La géopolitique du monde peut faire flamber le prix du pétrole, nous protégeons le pouvoir d'achat. Nous améliorons la 'marchabilité' de la ville et nous avons encore beaucoup de travail. C'est vrai que les travaux ont été pénibles et je remercie la patience de tout le monde. Mais qui peut nier le fait que beaucoup sont passés au vélo ou au tramway ? Et je veux désormais changer la vie des habitants de l'avenue de la Liberté, de Figuerolles, La Martelle, La Chamberte, Celleneuve… C'est pour cela que je défends l'élargissement du rond-point de Chez Paulette, pour améliorer le trafic de transit qui passe par Montpellier. Je ne suis pas contre les voitures, mais cela doit être fait pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement. Imaginez que tous les cyclistes retournent dans leurs voitures ?"
4 Boulevards, circulation automobile et COM
Concernant le plan "4 Boulevards", Delafosse précise : "Nous avons posé une méthode de travail et je les remercie d'avoir accepté d'étudier des mesures pour améliorer la situation, mais avec deux invariants. D'abord, la sécurité maintenue devant l'école Jacques-Brel et le collège Gérard-Philipe, où un enfant est décédé et un autre a été polytraumatisé. Cela a été l'épreuve de mon mandat, que je ne souhaite à personne. Deuxième point : que tout le monde puisse accéder à la rue, au stationnement. Mais je reconnais qu'il faut limiter le trafic de transit, qui devrait être théoriquement sur l'avenue de Vannières. Des propositions seront mises en œuvre rapidement. Le Contournement Ouest de Montpellier (COM) est aussi indispensable, car il va sortir le trafic de transit. Le financement est sécurisé et le CNPN a donné un avis favorable sur le plan environnemental. Nous avons réduit l'artificialisation de la route d'un tiers. Et quand le COM sera là, on améliorera encore la circulation en transformant l'avenue de la Liberté en voie de desserte inter-quartiers."



