Cour des comptes : la France menacée par un « étouffement par la dette »
Cour des comptes : la France menacée par un « étouffement par la dette »

Dans son rapport annuel sur les finances et comptes publics publié ce jeudi 25 juin, la Cour des comptes estime que la France croule sous le poids d'une dette publique en rapide augmentation, une tendance qui rend le pays vulnérable aux fluctuations du marché. Les risques devraient se multiplier cette année, ajoute l'institution.

Un objectif de déficit « loin d'être garanti »

La Cour des comptes souligne que l'objectif du gouvernement de ramener le déficit budgétaire à 5 % du PIB cette année, soit deux points de pourcentage de plus que les règles européennes, est « loin d'être garanti », compte tenu des incertitudes géopolitiques et des tensions inflationnistes.

La dette devrait continuer de progresser de plus de 160 milliards d'euros en 2026 pour dépasser 3 600 milliards d'euros, soit environ 118,5 % du PIB. Selon les derniers chiffres de l'Insee également publiés ce jeudi, la dette a déjà augmenté de 75,6 milliards au premier trimestre, pour dépasser les 3 500 milliards d'euros (3 536,1 milliards d'euros précisément), soit 117,5 % du PIB. Ce montant frôle le record de 117,8 % établi au premier trimestre 2021, à l'époque du Covid et du « quoi qu'il en coûte ». Cette nouvelle hausse survient après un recul de 23,6 milliards d'euros au quatrième trimestre 2025.

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Des coûts d'emprunt en hausse

Selon les Sages, les coûts d'emprunt devraient accélérer la détérioration des comptes. Les paiements d'intérêts devraient s'élever à 77,4 milliards d'euros en 2026, notamment sous l'effet de la hausse des taux sur les nouvelles émissions de dette.

Un « étouffement par la dette » déjà réel

Carine Camby, auditrice principale du rapport et présidente de la première chambre de la Cour des comptes, estime que l'endettement excessif pèse déjà sur les finances publiques et les choix politiques de la France. « L'étouffement par la dette n'est pas un risque, c'est une réalité de nos finances publiques. Et donc c'est pour ça que ce rapport est un nouveau signal d'alarme », a-t-elle alerté ce jeudi. « La Cour ne cessera de le répéter, la situation exige une prise de conscience et des réponses rapides (...) En fait, nous n'avons plus le choix », a-t-elle ajouté, soulignant que « tous les signaux sont au rouge ».

D'après elle, la France a encore le temps de choisir sur quoi les efforts doivent porter, ce qui permettra au pays de retrouver « rapidement » le chemin de la croissance. Mais, en l'absence de tels choix, la France se retrouvera, selon Carine Camby, « à la merci des marchés » et « d'une forte hausse des taux d'intérêt et d'une augmentation insoutenable de la charge de la dette ».

Le gouvernement face à un comité d'alerte

Le gouvernement doit réunir prochainement un comité d'alerte des finances publiques pour un point de situation. Il s'est fixé comme ambition de ramener le déficit à 5 % en 2026, puis sous la barre des 3 % en 2029, avec une dette stabilisée à 118 % du PIB. À ce jour, la France affiche le deuxième déficit le plus élevé d'Europe, à 5,1 % du PIB en 2025, juste derrière la Belgique (5,2 %).

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