Bruxelles veut révolutionner la vente de billets de train
La Commission européenne a dévoilé ce mercredi une proposition de règlement visant à obliger les opérateurs ferroviaires historiques à vendre les billets de leurs concurrents sur leurs propres plateformes. Cette mesure, qui s'inscrit dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe, a pour objectif de stimuler la concurrence sur le marché ferroviaire et d'offrir aux voyageurs une plus grande diversité de choix.
Un marché encore trop verrouillé
Malgré l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs dans l'Union européenne depuis 2010, les opérateurs historiques comme la SNCF en France, Deutsche Bahn en Allemagne ou Trenitalia en Italie conservent une position dominante. Ils contrôlent souvent les systèmes de billetterie et les sites de vente en ligne, ce qui rend difficile pour les nouveaux entrants de se faire connaître et de vendre leurs billets.
Selon Bruxelles, cette situation freine le développement de la concurrence et prive les consommateurs de prix plus attractifs et de services innovants. La proposition de règlement vise donc à imposer aux opérateurs historiques de fournir un accès non discriminatoire à leurs systèmes de réservation et de distribution.
Des obligations pour les opérateurs historiques
Concrètement, les opérateurs historiques devraient permettre à leurs concurrents de vendre leurs billets via leurs propres canaux de vente, qu'il s'agisse de guichets, de bornes automatiques ou de sites internet. Ils devraient également fournir des informations en temps réel sur les horaires, les tarifs et la disponibilité des places.
La Commission propose également que les opérateurs historiques soient tenus de proposer des billets combinés incluant des trajets effectués par différents opérateurs, afin de faciliter les correspondances et de proposer une offre de bout en bout plus cohérente.
Une mesure contestée par les opérateurs historiques
Les opérateurs historiques ne voient pas cette proposition d'un bon œil. Ils estiment que cette obligation représente une charge administrative et financière importante, et qu'elle pourrait nuire à la qualité de leurs services. La SNCF a déjà fait savoir qu'elle étudiait les implications de cette mesure et qu'elle défendrait ses positions auprès des institutions européennes.
De leur côté, les associations de consommateurs saluent cette initiative, qui devrait permettre une meilleure comparabilité des offres et une baisse des prix. Selon une étude de la Commission, la concurrence accrue pourrait faire baisser les tarifs de 10 à 20 % sur certaines liaisons.
Prochaines étapes
La proposition de règlement doit maintenant être examinée par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne. Si elle est adoptée, elle entrerait en vigueur dans un délai de deux à trois ans. Les opérateurs historiques disposeraient alors d'une période de transition pour adapter leurs systèmes.
Cette mesure s'ajoute à d'autres initiatives européennes visant à promouvoir le rail, comme le développement du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) ou la simplification des procédures de certification pour le matériel roulant.



