Ali Bongo : son enfance secrète dans le Gard révélée
Ali Bongo : enfance secrète dans le Gard

Une enquête de Midi Libre lève le voile sur un chapitre méconnu de la vie d'Ali Bongo. Alors que ses détracteurs mettent en doute ses déclarations, le président du Gabon a bel et bien passé une partie de son enfance dans le Gard, à Alès. De 1965 à 1967, le jeune Alain Bongo – il adoptera le prénom Ali en 1973 après la conversion de sa famille à l'islam – était scolarisé à l'école publique du Plan d'Alès.

Des témoignages concordants

Omar Krim, ancien camarade de classe, se souvient parfaitement d'« Alain, Alain Bongo » : « C'était le seul noir de la classe et moi j'étais le seul arabe, on nous avait assis à côté ! » Cinquante ans plus tard, il reconnaît dans l'actuel chef d'État le petit garçon avec qui il « parlait de billes. Il aimait s'amuser, bien sûr ! » Omar n'a appris que plus tard l'identité de son camarade : « Tout le monde ne le savait pas dans la classe. Il était sans doute en France pour être protégé (un coup d'État a eu lieu au Gabon en 1964, NDLR). Alès était un endroit tranquille. »

Des souvenirs d'école

Zohra, la sœur d'Omar, se rappelle avoir vu passer de jeunes Gabonaises dans l'école de filles voisine, ainsi que « Brigitte Mba, qui était en classe avec ma sœur et aussi d'Alain Bongo ». Elle ajoute : « On a vu Omar Bongo et le président Mba venir les chercher, avec des grosses voitures officielles, une fois, à la sortie de l'école ! Ils nous disaient qui étaient leurs parents et on ne les croyait pas. C'est génial, c'est une histoire vraie. »

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Robert Bolla, né comme Alain en 1959, était dans la même classe au CE1-CE2. Il se souvient de « jeux de gamins » et du fait qu'« il se faisait un peu moquer, parce qu'il était noir ». Alain parlait très bien français et ne fréquentait ses camarades qu'à l'école, vivant dans une famille d'accueil. « Il ne sortait pas trop. Nous, on jouait autour des arènes du Tempéras. Il n'est jamais venu avec nous », raconte Robert.

Un élève discret

Un autre ancien camarade, qui préfère rester anonyme, garde de bons souvenirs malgré tout : « Il était un peu lunatique. En décembre, il pouvait arriver en polo et en juin avec un anorak. » Il se rappelle aussi un cadeau : « Des feutres qui ne marchaient plus. Il en avait une grande boîte. Comme nous, on n'en avait pas à l'époque, quand il est parti, il m'en a donné. Il était tout simple. Tout en nous disant que son père était vice-président... »

Roland Larguier, l'un de ses instituteurs, avait été informé de sa filiation par le directeur. Il décrit Alain comme « un élève moyen, de ceux qui ne se remarquent pas », « un gosse plutôt réservé, effacé ». Son épouse Jeanine ajoute : « Il mangeait bien, il était amusant, décontracté, cool... » Aujourd'hui âgé de 83 ans, Roland Larguier mesure le temps passé : « On a suivi sa carrière vaguement. Tous ces événements africains, ces violences... On vit ça de loin. » Tous ont bien connu Alain Bongo, mais pas Ali.

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