L'islamologue français François Burgat a été condamné en appel ce mercredi 27 mai 2026 pour apologie du terrorisme, confirmant la peine de huit mois de prison avec sursis prononcée en première instance. La cour d'appel de Paris a jugé que ses propos tenus en 2023 sur le Hamas constituaient une apologie du terrorisme au sens de la loi française.
Des propos controversés
En octobre 2023, lors d'une interview accordée à une chaîne de télévision algérienne, François Burgat avait déclaré que les attaques du Hamas contre Israël étaient « une opération de résistance légitime ». Ces déclarations avaient suscité une vive polémique en France, conduisant à des poursuites judiciaires. Le chercheur, spécialiste reconnu du monde arabe et de l'islam politique, avait toujours nié toute apologie du terrorisme, affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte.
La décision de la cour d'appel
Dans son arrêt, la cour d'appel a estimé que les propos de François Burgat « excédaient les limites de la liberté d'expression et constituaient une apologie d'actes de terrorisme ». Elle a également souligné que le chercheur avait « sciemment utilisé un vocabulaire ambigu pour justifier des actes violents ». La peine de huit mois de prison avec sursis a été confirmée, ainsi que l'obligation de verser 10 000 euros de dommages et intérêts à plusieurs associations de victimes du terrorisme.
Réactions et implications
Cette condamnation a divisé le monde académique et politique. D'un côté, des intellectuels et des associations de défense des droits de l'homme ont dénoncé une atteinte à la liberté académique. De l'autre, des responsables politiques et des organisations juives ont salué une décision « juste et nécessaire » pour lutter contre l'apologie du terrorisme. François Burgat a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Son avocat, Me Jean-Pierre Mignard, a déploré « une décision politique qui criminalise la recherche universitaire ».
Un précédent judiciaire
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de durcissement de la législation antiterroriste en France. Depuis les attentats de 2015, les tribunaux se montrent particulièrement sévères envers les propos jugés complaisants envers le terrorisme. Plusieurs universitaires et journalistes ont été condamnés pour des motifs similaires, suscitant un débat récurrent sur les limites de la liberté d'expression.
François Burgat, 72 ans, est directeur de recherche émérite au CNRS et ancien directeur de l'Institut français du Proche-Orient. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'islamisme et le monde arabe. Sa condamnation pourrait avoir des répercussions sur le milieu universitaire, certains chercheurs craignant une autocensure.



