La Chine a tenté par tous les moyens d'empêcher la réalisation et la diffusion d'un documentaire sur la répression à Hongkong, selon des révélations publiées ce vendredi. Le film, intitulé Hongkong : l'étau se resserre, explore les conséquences de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020. Les producteurs ont subi des pressions diplomatiques, des menaces juridiques et même des tentatives de sabotage.
Pressions diplomatiques et menaces
Selon des documents internes consultés par Le Monde, l'ambassade de Chine à Paris a contacté à plusieurs reprises les autorités françaises pour tenter de faire annuler le projet. Des diplomates chinois ont rencontré des responsables du CNC (Centre national du cinéma) et du ministère de la Culture, les avertissant que le documentaire pourrait nuire aux relations bilatérales. Un courrier diplomatique de l'ambassade, daté de mars 2025, qualifiait le film de "propagande hostile" et menaçait de conséquences économiques si la France ne bloquait pas sa production.
Intimidation des producteurs
Les producteurs du documentaire, une équipe franco-britannique, ont également été la cible d'intimidations directes. Le réalisateur, qui a requis l'anonymat par crainte de représailles, a déclaré : "Nous avons reçu des appels anonymes nous prévenant que nos familles en Chine seraient en danger si nous continuions." Par ailleurs, des hackers présumés chinois ont tenté de pirater les serveurs de la société de production, selon une enquête de la cyberpolice française.
Méthodes de déstabilisation
Le documentaire révèle également que Pékin a utilisé des sociétés écrans pour racheter les droits de diffusion du film dans plusieurs pays asiatiques, afin d'en limiter l'audience. Des menaces de poursuites judiciaires ont été proférées contre les distributeurs potentiels, les accusant de violer la loi chinoise sur la sécurité nationale. "C'est une tentative classique de censure extraterritoriale", explique un expert en droits humains interrogé par Le Monde.
Réactions internationales
Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont condamné ces méthodes. Amnesty International a qualifié ces pressions de "tentative intolérable de museler la liberté d'expression". De son côté, le gouvernement français a affirmé ne pas avoir cédé aux demandes chinoises, mais a refusé de commenter les détails de l'affaire. Le documentaire devrait finalement sortir en salles en France en juin prochain, malgré les obstacles.
Cette affaire illustre les efforts continus de la Chine pour contrôler le récit sur Hongkong, où les libertés se sont considérablement réduites depuis l'adoption de la loi sur la sécurité nationale. Les autorités chinoises n'ont pas répondu aux sollicitations de Le Monde.



