Les États-Unis s'apprêtent à dire adieu à leur célèbre Air Force One, l'avion présidentiel qui a transporté des décennies de chefs d'État. Un Boeing 747 d'occasion en provenance du Qatar pourrait le remplacer, une décision qui ne fait pas l'unanimité.
Un avion emblématique prend sa retraite
L'Air Force One actuel, un Boeing 747-200B modifié, est en service depuis 1990. Avec l'âge, les coûts de maintenance grimpent et les pièces détachées se font rares. L'administration américaine a donc lancé un appel d'offres pour un remplacement. Surprise : le choix s'est porté sur un appareil qatari.
Un contrat controversé
Le Qatar a proposé un Boeing 747-8 récent, issu de sa flotte présidentielle. Ce modèle, plus moderne et économe en carburant, serait cédé à un prix avantageux. Cependant, des critiques fusent : certains y voient un conflit d'intérêts, d'autres s'inquiètent de la dépendance technologique envers un État du Golfe.
Le marché, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, inclut la formation des pilotes et la maintenance. Des sénateurs américains réclament une enquête, tandis que le Pentagone défend la compétitivité de l'offre.
Un symbole de puissance
L'Air Force One n'est pas qu'un avion : c'est un symbole de la puissance américaine. Ses quartiers privés, son système de communication crypté et sa capacité à ravitailler en vol en font un outil essentiel pour la diplomatie. Le remplacer par un Boeing qatari pourrait altérer cette image.
Des experts en sécurité s'interrogent sur la fiabilité des systèmes embarqués, potentiellement vulnérables à une écoute étrangère. Boeing, de son côté, assure que l'appareil sera entièrement reconfiguré selon les normes américaines.
Quelles alternatives ?
Le gouvernement américain avait envisagé d'acheter un Boeing 747-8 neuf, mais les délais de fabrication (4 ans) et le coût (plus d'un milliard de dollars) ont pesé dans la balance. L'option qatari permet une livraison rapide et une économie substantielle.
D'autres pays, comme la France ou le Royaume-Uni, utilisent des avions d'occasion pour leurs voyages présidentiels. Mais pour les États-Unis, superpuissance mondiale, ce choix interroge. La décision finale est attendue dans les prochains mois.



