Ukraine : Zaporijjia coupée du réseau, Kiev accuse Moscou de vouloir "voler" la centrale
Zaporijjia : Kiev accuse Moscou de vouloir "voler" la centrale

L'Ukraine a accusé samedi la Russie de vouloir « voler » la centrale nucléaire de Zaporijjia en la coupant depuis quatre jours du réseau électrique ukrainien, au risque de la sûreté nucléaire, pour la relier à des lignes sous contrôle russe. Cette nouvelle escalade dans le conflit énergétique et nucléaire entre les deux pays suscite de vives inquiétudes sur la scène internationale.

Des accusations graves de Kiev

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a lancé un appel pressant sur son compte X : « Nous exhortons toutes les nations préoccupées par la sûreté et la sécurité nucléaires à faire clairement comprendre à Moscou que son pari nucléaire doit cesser. » Selon lui, la Russie cherche à s'approprier illégitimement la centrale en la rattachant à son propre réseau électrique.

Conquise par les troupes russes en mars 2022, au début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, la centrale située à Energodar, dans la région de Zaporijjia (sud), est la plus grande d'Europe. Ses six réacteurs sont à l'arrêt, mais elle nécessite une alimentation électrique extérieure pour assurer le refroidissement des combustibles. Depuis le début de la guerre, selon Kiev, elle a déjà été coupée à dix reprises du réseau ukrainien.

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La centrale privée d'électricité depuis mardi

Samedi, l'opérateur de la centrale contrôlé par le groupe russe Rosatom a confirmé sur Telegram que la centrale était privée d'alimentation électrique externe depuis mardi et que les générateurs diesel de secours assuraient actuellement ses besoins. Selon cette source, les réserves de carburant sont suffisantes pour « un fonctionnement prolongé » en autonomie et le refroidissement des réacteurs est accompli « entièrement ».

Mais le ministre ukrainien Andriï Sybiga a accusé les opérateurs russes « d'ignorer toute considération de sécurité nucléaire » pour « faire plaisir à leurs patrons à Moscou ». Il a dénoncé la construction par la Russie de 200 kilomètres de lignes électriques en préparation d'une tentative de vol de la centrale, visant à la relier au réseau sous contrôle russe et à la relancer.

Il a également accusé Moscou « d'actions irresponsables » ayant causé « beaucoup trop de risques » nucléaires depuis le début de l'invasion en 2022. « Mais la tentative russe de reconnecter la centrale pourrait être le pire jusqu'à présent, en posant les plus grands risques. Moscou essaye d'engager l'AIEA dans cette aventure et de justifier le vol » de la centrale, a déclaré M. Sybiga, demandant que la centrale retourne sous contrôle ukrainien.

La seule ligne électrique reliant Kiev à la centrale est déconnectée

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a été reçu vendredi au Kremlin par le président Vladimir Poutine. Sur son compte X, M. Grossi a indiqué avoir discuté notamment avec le chef de Rosatom, Alexeï Likhatchev, « de la sûreté et de la sécurité » de la centrale de Zaporijjia.

Sur Facebook, la ministre ukrainienne de l'Énergie, Svitlana Gryntchouk, a affirmé pour sa part vendredi que l'armée russe avait bombardé et « endommagé » la seule ligne électrique reliant la centrale au réseau électrique ukrainien, entraînant ainsi sa déconnexion. Mardi, sur son compte Telegram, l'opérateur russe de la centrale avait lui accusé les troupes ukrainiennes d'avoir causé cette coupure.

200 km de lignes à haute tension construites par la Russie

L'ONG Greenpeace a affirmé samedi, en s'appuyant sur l'analyse d'images satellite, que la Russie avait construit 200 km de lignes à haute tension depuis deux stations électriques à Mélitopol et Marioupol, des villes sous occupation russe situées au sud-est de la centrale, dans l'optique de la connecter au réseau. Le directeur de la centrale nommé par la Russie, Iouri Tchernitchouk, avait affirmé en janvier à l'agence TASS que le site pourrait potentiellement alimenter en électricité la Crimée annexée et les régions conquises par Moscou dans le sud et l'est de l'Ukraine.

Le 20 septembre, il a également affirmé à TASS que le processus d'intégration de la centrale à la Russie était « au stade final ». Ces déclarations confirment les craintes de Kiev quant à une annexion de fait de l'installation nucléaire.

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