L'État belge envisage le rachat des réacteurs nucléaires à Engie
Belgique : l'État veut racheter les réacteurs nucléaires

Le gouvernement belge envisage sérieusement de racheter les réacteurs nucléaires du pays à l'énergéticien français Engie, selon des sources proches du dossier. Cette option, qui pourrait coûter plusieurs milliards d'euros, vise à garantir la sécurité d'approvisionnement énergétique du pays face à la flambée des prix de l'électricité et aux incertitudes géopolitiques.

Un scénario inédit

Le rachat des réacteurs nucléaires par l'État belge serait une première en Europe. Il s'agirait de reprendre les sept réacteurs actuellement exploités par Engie, dont deux sont déjà à l'arrêt. Les discussions, qualifiées de « techniques et complexes », portent sur le montant de la transaction, les conditions de transfert des actifs et les garanties en matière de sécurité et de démantèlement.

Les motivations de l'État

La Belgique, comme de nombreux pays européens, cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles importées. Le nucléaire, qui représente environ 40 % de la production électrique belge, est considéré comme un atout stratégique. « Il s'agit de préserver notre souveraineté énergétique », a déclaré un porte-parole du ministère de l'Énergie.

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Les réticences d'Engie

Engie, de son côté, se montre prudent. L'entreprise française avait annoncé en 2023 son intention de sortir du nucléaire en Belgique d'ici 2025, mais la crise énergétique a rebattu les cartes. Engie craint que le rachat par l'État ne se fasse à un prix trop bas et que les conditions de démantèlement ne soient pas suffisamment couvertes.

Un coût élevé

Selon les estimations, le rachat des réacteurs pourrait coûter entre 5 et 10 milliards d'euros, sans compter les investissements nécessaires pour prolonger leur durée de vie. L'État belge devra également provisionner des fonds pour le démantèlement futur, estimé à plusieurs milliards supplémentaires.

Les réactions politiques

La proposition divise la classe politique belge. Les partis écologistes s'opposent fermement à ce rachat, qu'ils jugent contraire aux objectifs de transition énergétique. À l'inverse, les libéraux et les socialistes y voient une solution pragmatique pour assurer l'approvisionnement électrique à court et moyen terme.

Les implications européennes

Cette décision pourrait avoir des répercussions au niveau européen. Bruxelles suit de près le dossier, car il s'agit d'un précédent en matière de propriété publique d'actifs nucléaires. La Commission européenne devra vérifier que le rachat respecte les règles de concurrence et les aides d'État.

Les négociations devraient se poursuivre dans les prochains mois, avec l'objectif d'un accord d'ici fin 2026. En attendant, la Belgique reste dépendante du gaz russe et des importations d'électricité, ce qui rend la décision d'autant plus urgente.

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