Transporteurs en crise : le conflit au Moyen-Orient aggrave la situation
Transporteurs en crise : conflit au Moyen-Orient aggrave

Un contexte de crises multiples

Avec le conflit au Moyen-Orient, c’est dans un contexte de souffrance grandissante que se présente la Rencontre des transporteurs du STR 47, ce samedi, dans la banlieue d’Agen. Leur secteur encaisse toutes les crises de plein fouet. Rien que cette année, il y a eu les manifestations d’agriculteurs, les tempêtes, les inondations, et maintenant la guerre au Moyen-Orient « pour finir de nous achever sur ce premier trimestre ». Ce qui fait dire à Dominique Péchavy, le président du Syndicat départemental des transporteurs routiers (STR 47) : « En 2022, tout venait d’Ukraine. Depuis un mois, tout arrive d’Iran. » L’ironie de la remarque traduit une forme de lassitude, que le responsable ne manquera pas d’exprimer ce 25 avril, à Boé, pour la Rencontre des transporteurs.

Une activité en souffrance

Pour les marchandises comme pour les voyageurs, l’activité est en souffrance et cela se répercute sur les 200 entreprises de Lot-et-Garonne. « La situation est d’une extrême complexité, avec une hausse brutale du carburant, passé de 1,70 TTC le litre à 2,31. Ce poste représente 30 % de nos charges dans un contexte d’inflation galopante. Inévitablement, ça vient manger des marges très faibles, voire inexistantes », appuie Frédéric Durand, le secrétaire général de STR 47. Les aides forfaitaires mises en place par le gouvernement (de 70 à 500 euros) sont donc jugées insuffisantes, et le passage à l’électrique à court terme n’est pas une option envisageable en raison du prix.

Un étau entre coûts et clients

Et ce d’autant que les transporteurs sont pris en étau, se considérant comme les variables d’ajustement de donneurs d’ordres souvent rétifs à accepter des majorations de factures. Elles sont pourtant vitales. « On doit être aussi en capacité de pouvoir répercuter la hausse de nos coûts sur les prestations à nos clients. Mais c’est toujours très compliqué et nous sommes souvent confrontés à du chantage commercial ou à un déséquilibre dans la relation entre le fournisseur et le client. Certains le comprennent très bien, d’autres restent campés sur leur contrat et des prix abusivement bas », regrette le président Péchavy.

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Redressements judiciaires en hausse

Conséquence, les procédures collectives n’ont jamais été aussi nombreuses. « On constate de fortes baisses de volume depuis le mois d’août 2024. Elles ne sont jamais vraiment remontées. Dans notre secteur d’activité, quand les volumes sont plus bas, la concurrence s’exacerbe un petit peu. Donc les prix de transport baissent mécaniquement alors que nos marges initiales sont déjà très faibles. Certains en sont venus à travailler à perte pour certains de leurs transports. Parce qu’il fallait juste faire rouler leurs camions. Alors les entreprises sont forcées de piocher dans leur trésorerie pour maintenir leur société. Et aujourd’hui, on en arrive à des situations où ces trésoreries commencent à atteindre des niveaux critiques. Quand elles ne sont pas, dans certains cas, inexistantes. » Sur fond de dégradation constante de leurs conditions économiques et avec des bourses de fret qui proposent des tarifs à 70 centimes du kilomètre, quand le juste prix de la rentabilité pour une entreprise se situerait au double, certains se voient contraints de vendre des camions pour se renflouer.

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