Le samedi 31 janvier 2026, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a annoncé des progrès vers un cadre de négociation avec Washington, malgré un contexte de vives tensions militaires. Les forces armées iraniennes sont en état d'alerte maximale face aux menaces américaines dans le Golfe, tandis que les Gardiens de la Révolution s'apprêtent à mener des exercices navals.
Une journée sous haute tension
Ce samedi, Ali Larijani a indiqué que « la mise en place d'un cadre de négociation (avec Washington) progresse ». Parallèlement, le chef de l'armée iranienne, Amir Hatami, a annoncé que les forces armées étaient « en état d'alerte maximale » face à une éventuelle attaque américaine. Depuis la répression sanglante des manifestations début janvier, Donald Trump a multiplié les avertissements tout en oscillant entre fermeté et ouverture, et a déployé une dizaine de navires dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln.
Ces menaces entretiennent un climat de fébrilité en Iran. Une explosion est survenue samedi dans un immeuble résidentiel de Bandar Abbas, un port du sud de l'Iran sur le Golfe. Restée inexpliquée plusieurs heures, elle a finalement été attribuée à une fuite de gaz par les pompiers. D'autres incidents distincts ont été rapportés ailleurs dans le pays, mais les médias ont rapidement écarté tout lien avec une attaque américaine. Une rumeur affirmant que le chef des forces navales des Gardiens de la Révolution avait été assassiné a circulé sur les réseaux sociaux, l'agence Tasnim l'attribuant à « une opération psychologique » menée par des « courants anti-Iran ».
L'Iran garde le « doigt sur la gâchette »
Tout en se disant ouvert au dialogue, l'Iran, « doigt sur la gâchette », a averti que de « nombreuses » bases américaines dans la région se trouvaient à portée de missiles iraniens. Il a également menacé de bloquer le détroit d'Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux. Les Gardiens de la Révolution vont y mener à partir de dimanche « un exercice naval de tir réel de deux jours », selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), qui met en garde contre « tout comportement dangereux » à proximité des forces américaines.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, n'avait pas exclu vendredi de participer à des discussions si elles étaient « justes et équitables », répétant que son pays n'avait « jamais cherché à se doter de l'arme nucléaire ». Il a cependant ajouté que les capacités de défense et les missiles de son pays « ne feraient jamais l'objet de négociations ».
Les Gardiens de la Révolution dans le viseur de l'UE
Les pays du Golfe et la Turquie appellent à la retenue. À la frontière, une Iranienne qui vient de quitter son pays espère une « intervention extérieure ». « Ils en ont tué tellement… Nous prions pour que l'Amérique nous attaque, voilà où nous en sommes », confie cette quinquagénaire à l'AFP. La pression est montée ces derniers jours avec l'inscription par l'UE des Gardiens de la Révolution sur la liste des « organisations terroristes », l'armée idéologique de la République islamique étant accusée d'avoir orchestré la répression des manifestations. Téhéran a qualifié cette décision d'« insensée ».
Bilan des manifestations
Sorti affaibli de la guerre de juin 2025, le pouvoir iranien a étouffé les récentes manifestations, initialement contre le coût de la vie, mais qui se sont transformées en défi au pouvoir. Plus de 6 500 personnes, dont 6 170 manifestants et 124 enfants, ont été tuées en Iran, d'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont le siège est aux États-Unis et qui enquête sur plus de 17 000 décès potentiels supplémentaires. Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou des passants tués par des « émeutiers ».
Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a visité samedi le mausolée de Rouhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique, dans le sud de Téhéran. Des images publiées sur son site officiel le montrent en train de prier. Il ne s'était pas montré en public depuis le 17 janvier.



