Violences en Tanzanie : pourquoi une centaine de Français s'est retrouvée bloquée à l'aéroport ?
Une centaine de Français s'est retrouvée bloquée à l'aéroport du Kilimandjaro, en Tanzanie, le 29 octobre 2025. Depuis plusieurs jours, le pays est en proie à des violences entre manifestants et forces de l'ordre dans un contexte électoral tendu. Les affrontements auraient fait 700 morts selon les estimations les plus pessimistes.
Une centaine de Français coincée
Des voyageurs français se sont retrouvés coincés à l'aéroport du Kilimandjaro. Ils sont environ 90, selon une mère de famille interrogée par nos confrères du Parisien, dont un tiers d'enfants. Un vol qui devait rallier Paris mercredi soir a été annulé. Cette situation s'inscrit dans un contexte de violences dans le pays, qui a mené à l'instauration d'un couvre-feu. « La majorité des vols internationaux sont annulés jusqu'à nouvel ordre », écrit le ministère français des Affaires étrangères. « Il est recommandé de se rendre à l'aéroport seulement si le vol est confirmé par sa compagnie aérienne. »
Élections sans opposition
Ces violences ne sont pas apparues de nulle part. Les élections législatives et présidentielle devaient se tenir mercredi. Seulement, les deux candidats d'opposition ont été mis hors course avant le scrutin. Le premier a été emprisonné, le second disqualifié, note Le Monde. L'opposition a appelé au boycott du scrutin. Le décompte des votes est toujours en cours mais beaucoup accusent l'actuelle présidente, Samia Suluhu Hassan, de voler l'élection. Ce chaos électoral n'a pas tardé à se traduire par des manifestations, sévèrement réprimées. Les bilans les plus pessimistes font état de 700 morts dans le pays. Des bureaux de vote et des postes de police ont été incendiés.
Mener l'enquête
La situation reste très tendue ce vendredi soir et les Nations unies s'inquiètent. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réclamé une « enquête minutieuse et impartiale ». Il « souligne l'importance cruciale de garantir les droits fondamentaux, en particulier le droit de rassemblements pacifiques et la liberté d'expression et l'accès à l'information ». Le ministre tanzanien des Affaires étrangères a récusé tout « usage excessif de la force » contre les manifestants hostiles au pouvoir.



