Un an après le renversement de Bachar al Assad, la douleur des familles de disparus reste intacte. Amina Beqai, comme des milliers de Syriens, cherche toujours son mari et son frère, arrêtés en 2012 et jamais revus. La chute du régime en décembre 2024 avait suscité l'espoir de découvrir la vérité sur les 150 000 personnes disparues dans les prisons syriennes, mais les nouvelles autorités n'ont fourni aucune information.
L'espoir brisé
Lorsque les rebelles ont ouvert les prisons, Amina Beqai a cru retrouver son mari. Mais il n'était pas parmi les libérés. "Lorsque les prisons ont été ouvertes et qu'ils ne sont pas revenus, ça a été le choc. C'est à ce moment-là que l'espoir a pris fin", confie-t-elle. Elle exige désormais de connaître les circonstances de sa mort.
Des documents insuffisants
Sarah al Khattab a eu plus de chance : elle a retrouvé le nom de son mari sur une liste de détenus morts à Sednaya, datée du 22 octobre 2019, avec pour cause un "arrêt du pouls et de la respiration". Mais le corps n'a pas été rendu à la famille. La commission nationale créée en mai n'a pas encore fourni de preuves concrètes aux familles.
Un processus lent
L'exhumation des fosses communes, cruciale pour identifier les victimes, ne débutera pas avant 2027, faute d'expertise technique. Pour Agnès Callamard, directrice d'Amnesty International, "la chose la plus importante que la commission nationale puisse faire pour le moment est de s'assurer que les familles se sentent entendues et soutenues". Mais les proches des disparus, épuisés, attendent toujours des réponses.



