Le plan de paix iranien en 10 points : une proposition ambitieuse pour le Moyen-Orient
Alors qu'un cessez-le-feu temporaire de deux semaines a été annoncé entre les États-Unis et l'Iran, la perspective d'une paix durable reste fragile. Pour préparer les pourparlers prévus au Pakistan, Téhéran a soumis à Donald Trump un plan détaillé en 10 points visant à mettre fin définitivement au conflit. Ce document pourrait servir de base aux négociations, mais il comporte plusieurs exigences que Washington a historiquement jugées inacceptables.
Les principales exigences du plan iranien
Le plan commence par des demandes stratégiques concernant la sécurité régionale. Il exige l'engagement des États-Unis à garantir la non-agression, suivi du retrait complet des forces de combat américaines de la région. Le texte insiste également sur la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban où l'Iran soutient des groupes militants.
Un point particulièrement sensible concerne le contrôle du détroit d'Ormuz. Selon les agences de presse Tasnim et CNN, l'Iran réclame le maintien de sa souveraineté sur ce passage maritime crucial. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé sur les réseaux sociaux que l'armée iranienne coordonnerait le trafic pendant le cessez-le-feu, tout en se réservant le droit de bloquer à nouveau le détroit en cas d'échec des négociations.
La question nucléaire : principal point de friction
Le troisième point du plan iranien est sans doute le plus controversé. Téhéran exige la reconnaissance de son droit à l'enrichissement d'uranium dans le cadre de son programme nucléaire civil. Cette demande entre directement en conflit avec la position de longue date de l'administration Trump, qui réclame l'arrêt complet des activités nucléaires iraniennes.
L'enrichissement d'uranium était d'ailleurs l'une des raisons invoquées par les États-Unis et Israël pour justifier le début des frappes au Moyen-Orient le 28 février 2026. Interrogé par l'AFP, Donald Trump a pourtant affirmé que cette question serait « parfaitement réglée », tout en maintenant qu'il n'y aurait « pas d'enrichissement d'uranium » en Iran. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a quant à lui réitéré que l'accès de l'Iran à l'arme nucléaire restait « non négociable ».
Les demandes économiques et politiques
Le plan iranien comprend également des exigences économiques substantielles. Aux points six et sept, il réclame la levée de toutes les sanctions, principales comme secondaires, sans spécification détaillée. Téhéran demande également l'abrogation de toutes les résolutions imposées par l'ONU et l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA).
Au point huit, l'Iran exige une indemnisation pour les dommages infligés au pays. Donald Trump a évoqué sur Truth Social des discussions en cours concernant la levée des droits de douane et des sanctions, mais sans s'engager sur les compensations financières.
Un plan déséquilibré selon les observateurs
La publication du plan par CNN a provoqué des réactions contrastées. Donald Trump a immédiatement accusé le média de diffuser des « fake news », affirmant que le rapport visait à « attiser les tensions dans une situation déjà très délicate ». L'article de CNN soulignait pourtant que l'Iran « revendiquait la victoire et affirmait avoir contraint les États-Unis à accepter un plan en dix points ».
Il est intéressant de noter que si la version perse du plan diffusée par Tasnim mentionne bien le « droit de l'Iran à l'enrichissement d'uranium », cette formulation est absente des versions anglaises communiquées par les diplomates iraniens. Cette divergence suggère des nuances dans la communication selon les audiences.
Dans son ensemble, le plan iranien apparaît très favorable à la République islamique, ce qui explique les réticences américaines. Alors que les pourparlers s'annoncent complexes, la communauté internationale observe avec attention si ce document pourra véritablement servir de base à une paix durable au Moyen-Orient.



