La justice allemande a condamné ce lundi 1er juin 2026 un ressortissant syrien de 27 ans à la réclusion criminelle à perpétuité pour une attaque au couteau survenue en 2024 dans la ville de Siegen, dans l'ouest du pays. L'homme avait poignardé trois personnes, dont une grièvement, lors d'une agression qualifiée de terroriste par les autorités.
Un acte prémédité et revendiqué
Le tribunal régional de Siegen a estimé que l'accusé, identifié comme Ahmad al-H., avait agi avec préméditation et dans un but terroriste. Selon l'acte d'accusation, il avait crié des slogans religieux avant de frapper ses victimes au hasard dans une rue commerçante. L'attaque avait semé la panique dans cette ville tranquille de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
L'enquête a révélé que le condamné, arrivé en Allemagne en 2015 comme demandeur d'asile, s'était radicalisé en ligne. Il avait visionné des vidéos de propagande djihadiste et avait exprimé son soutien à l'organisation État islamique. Les enquêteurs ont également retrouvé sur son téléphone des messages indiquant une intention de "mourir en martyr".
Une peine exemplaire
Outre la perpétuité, la cour a ordonné une période de sûreté de 15 ans, empêchant toute libération anticipée avant cette échéance. Le jugement a été salué par les parties civiles, qui ont souligné la gravité des faits et la nécessité de protéger la société. "Cette condamnation envoie un message fort : la justice allemande ne tolère aucun acte de terrorisme, quelle que soit l'origine de son auteur", a déclaré le procureur.
L'avocat de la défense a annoncé son intention de faire appel, estimant que la qualification terroriste n'était pas suffisamment étayée. Il a plaidé pour une peine réduite, invoquant des troubles psychiatriques chez son client. Toutefois, les experts médicaux ont conclu à une responsabilité pénale pleine et entière.
Un contexte sécuritaire tendu
Cette affaire intervient dans un climat de tensions en Allemagne, où les attaques au couteau se sont multipliées ces dernières années. En 2024, le pays avait déjà été secoué par plusieurs attentats islamistes, dont celui de Mannheim qui avait fait six morts. Le gouvernement a renforcé les mesures de sécurité et accéléré les expulsions de migrants radicalisés.
Le verdict de Siegen pourrait faire jurisprudence dans d'autres dossiers similaires. Il illustre la détermination des autorités judiciaires à lutter contre le terrorisme, tout en soulevant des questions sur l'efficacité des politiques de prévention de la radicalisation en milieu carcéral et dans les communautés immigrées.



