Kiev qualifie les oligarques ukrainiens sur la Côte d'Azur de « tristes exceptions »
Oligarques ukrainiens sur la Côte d'Azur : Kiev tempère

Le gouvernement ukrainien maintient la pression sur ses riches ressortissants installés sur la Côte d'Azur, qualifiés de « tristes exceptions » dans un effort national global. Interrogé par le quotidien Nice-Matin, l'ambassadeur d'Ukraine en France a fait le point.

Kiev n'oublie pas le « Bataillon Monaco »

Révélée par le média Ukrainska Pravda, la présence sur la Côte d'Azur de dizaines de grandes fortunes, députés et hommes d'affaires ukrainiens en âge de combattre suscite une vive colère à Kiev. Voitures de luxe et villas somptueuses à Saint-Jean-Cap-Ferrat, Nice ou Monaco contrastent durement avec le quotidien du front.

« Un groupe de 20 à 30 personnes »

Interrogé sur l'avancée des enquêtes policières et judiciaires, l'ambassadeur d'Ukraine en France refuse tout amalgame avec les réfugiés ukrainiens en France dans leur ensemble. « Ce terme de "Bataillon Monaco", c'est un terme "hype", cliquable, que pourraient utiliser les jeunes ! Mais c'est un groupe de 20 à 30 personnes, qu'il faut comparer aux gens au front. S'il y a des choses à reprocher à ces personnes sur le plan juridique, nous saisissons bien sûr les autorités de Monaco et de la France. Ce sont plutôt de tristes exceptions », a répondu Vadym Omelchenko dans une interview accordée à Nice-Matin.

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De puissants hommes d'affaires et des députés influents

L'ancrage de cette élite sur la Côte d'Azur ne doit rien au hasard. Disposant de résidences secondaires acquises bien avant le conflit, ces personnalités s'y sont repliées dès les premières heures de l'invasion russe en Ukraine. Parmi les visages emblématiques de ce groupe identifiés par les enquêtes de Nice-Matin, figurent les frères Igor et Grigori Surkis, d'influents hommes d'affaires et dirigeants du club de football du Dynamo Kiev, aperçus à de multiples reprises dans la Principauté de Monaco. On y trouve également de hauts responsables politiques de la Rada (le Parlement ukrainien), comme le député Igor Abramovitch ou l'élu pro-russe Serguiï Liovotchkine, propriétaire d'une somptueuse propriété estimée à 35 millions d'euros à Saint-Jean-Cap-Ferrat. L'ancien député et magnat de la finance Kostiantin Zhevago, recherché pour le détournement de 67 millions d'euros, s'était lui aussi établi dans la région avant son interpellation à Courchevel.

Une nuance déjà partagée par Volodymyr Zelensky

Cette approche mesurée de l'ambassadeur, axée sur des cas isolés, fait écho aux déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Lors d'un entretien exclusif accordé à Nice-Matin à Kiev au tout début de cette affaire, le chef de l'État se défendait de jeter l'opprobre sur l'ensemble des exilés, rappelant la complexité des situations individuelles : « Certains avaient le droit de partir, peut-être avaient-ils peur ou voulaient-ils évacuer leurs enfants. Mais certains avaient certainement d'autres raisons », avait alors nuancé le président ukrainien. Pour l'exécutif, l'enjeu consiste désormais à coopérer avec Paris et Monaco pour cibler exclusivement ceux qui enfreignent la loi.

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