La perspective d'un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient demeure incertaine. Washington a annoncé avoir intercepté des drones iraniens qui ciblaient le trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, alors que Téhéran, les États-Unis et le Pakistan se montrent optimistes quant à une issue diplomatique après des semaines de discussions.
Interception de drones iraniens
Les forces américaines ont abattu plusieurs drones d'attaque iraniens visant des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, selon le Commandement central américain (Centcom). La circulation maritime reste toutefois fluide dans ce passage stratégique pour le transport d'hydrocarbures.
Vers un accord de paix ?
Un accord pourrait être annoncé dans les prochains jours, selon Téhéran, tandis qu'un responsable américain estime la probabilité entre 80 et 85 %. Cependant, Washington et l'Iran divergent sur les termes du compromis, notamment concernant le détroit d'Ormuz, le programme nucléaire iranien et les fonds iraniens gelés. Les discussions portent également sur la levée du blocus américain des ports iraniens et la situation au Liban.
Le président Donald Trump a contesté les informations diffusées par les médias iraniens, affirmant qu'elles ne correspondent pas aux termes négociés avec Washington.
Déclarations des parties
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a déclaré : « Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé. Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir. » Il a précisé que le projet d'accord prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz. Toutefois, il a tempéré en affirmant qu'aucun terrain d'entente n'est certain tant qu'un accord complet n'est pas conclu.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, principal négociateur, a déclaré : « La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui. »
Un haut responsable américain a estimé la probabilité d'un accord-cadre à « 80 à 85 % », mais a averti que « la ligne d'arrivée n'est pas encore franchie ».
Signature en Suisse ?
La Suisse a proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 doit débuter lundi à Évian, en France. Téhéran a toutefois indiqué que le protocole serait signé « à distance » une fois finalisé.
Les marchés anticipent cette issue, le pétrole étant passé sous la barre des 90 dollars le baril vendredi.
Contexte du conflit
Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, causé des milliers de morts principalement en Iran et au Liban, et perturbé l'économie mondiale.
Donald Trump, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en pleine Coupe du monde de football organisée par les États-Unis. Il a publié un message furieux sur Truth Social : « Les termes que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit. Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi. »
Versions divergentes
L'agence de presse iranienne Mehr a publié une ébauche de protocole en 14 points, incluant le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage de 24 milliards de dollars de fonds gelés. Washington présente une version différente : le compromis devrait mener à la réouverture d'Ormuz, au démantèlement du programme nucléaire iranien et à la récupération de l'uranium hautement enrichi, qui serait détruit sur place puis sorti du pays.
Abbas Araghchi a évoqué une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60 %, en dessous du seuil nécessaire pour une bombe nucléaire. Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique.
Sur la question des avoirs, le vice-président américain JD Vance a insisté : « Les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion. »
Le front libanais
Autre point de discorde : le Liban. Selon Washington, l'accord inclut le Liban, comme le réclame Téhéran, alors que les États-Unis souhaitaient traiter ce dossier séparément. Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé Israël en soutien à l'Iran. Depuis, Israël bombarde le Liban, faisant plus de 3 700 morts.



