Mojtaba Khamenei, l'ayatollah caché des pasdarans à Téhéran
Mojtaba Khamenei, l'ayatollah caché des pasdarans

Le pouvoir à Téhéran est en pleine recomposition. Selon une enquête approfondie, Mojtaba Khamenei, fils de l'ayatollah Ali Khamenei, s'impose comme le véritable maître de l'Iran, agissant dans l'ombre pour consolider l'emprise des Gardiens de la révolution (pasdarans) sur l'État. Ce clerc de 55 ans, longtemps discret, est désormais considéré comme le successeur potentiel de son père à la tête du régime.

Un pouvoir occulte qui s'affirme

Mojtaba Khamenei ne détient officiellement aucun poste gouvernemental, mais il contrôle les leviers essentiels du pouvoir. Selon des sources diplomatiques occidentales, il supervise directement les activités des pasdarans, corps d'élite militaire et économique qui pèse environ 15 % du PIB iranien. Son influence s'étend également sur le système judiciaire et les médias conservateurs.

L'ascension de Mojtaba s'accélère depuis la mort de Qassem Soleimani en 2020 et les manifestations de 2022. Il a orchestré la répression du mouvement "Femme, Vie, Liberté", qui a fait plus de 500 morts selon l'ONU. Un diplomate européen confie : "Mojtaba est l'architecte de la stratégie de survie du régime. Il a compris que sans les pasdarans, le régime s'effondrerait."

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L'alliance entre le clergé et les militaires

Mojtaba a tissé des liens étroits avec le commandant en chef des pasdarans, Hossein Salami, et le chef de la force Qods, Esmail Ghaani. Cette alliance a permis de marginaliser les factions réformistes au sein du régime. Selon un analyste iranien basé à Paris, "Mojtaba a transformé les pasdarans en un État dans l'État, contrôlant les frontières, l'industrie pétrolière et les réseaux de contrebande."

Le fils du guide suprême bénéficie également du soutien de la milice Bassidj, forte de 1 million de membres, qui assure un maillage territorial. En échange, il garantit aux pasdarans une immunité judiciaire et des avantages économiques. Un rapport du Congrès américain estime que les Gardiens de la révolution possèdent plus de 200 entreprises et gèrent un budget annuel de 12 milliards de dollars.

La succession en ligne de mire

La question de la succession de l'ayatollah Khamenei, 85 ans, est au cœur des préoccupations. Mojtaba a été discrètement préparé à ce rôle depuis des années. Il a suivi une formation théologique à Qom et a été initié aux affaires d'État par son père. Selon des fuites de l'Assemblée des experts, l'organe chargé de désigner le guide suprême, Mojtaba est le candidat favori des pasdarans.

Cependant, cette perspective suscite des tensions au sein du clergé chiite. L'ayatollah Sistani, haute autorité religieuse basée à Najaf, aurait exprimé ses réserves. Un théologien iranien exilé explique : "La nomination de Mojtaba serait une rupture avec la tradition de la République islamique, où le guide suprême est choisi pour sa science religieuse, non pour son héritage familial."

Les conséquences pour la région

L'emprise de Mojtaba Khamenei et des pasdarans sur l'Iran a des répercussions régionales. Sous leur impulsion, Téhéran a intensifié son soutien aux milices en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. Le budget alloué aux forces proxy est estimé à 7 milliards de dollars par an, selon le département d'État américain.

Cette stratégie d'expansion inquiète Israël et les monarchies du Golfe. Un responsable israélien déclare : "Mojtaba est plus radical que son père. Il pousse à une confrontation directe avec l'Occident, comme en témoigne le programme nucléaire accéléré." L'Iran enrichit désormais de l'uranium à 60 %, proche du seuil militaire, selon l'AIEA.

Une opposition intérieure réduite au silence

Sur le plan intérieur, Mojtaba a verrouillé le système politique. Les élections législatives de 2024 ont enregistré un taux de participation historiquement bas de 41 %, en raison du boycott des réformateurs. Les pasdarans ont réprimé toute contestation, avec plus de 20 000 arrestations politiques depuis 2022, selon Amnesty International.

L'économie iranienne, étranglée par les sanctions, reste le point faible du régime. L'inflation dépasse 45 % et le chômage des jeunes atteint 27 %. Un économiste iranien note : "Mojtaba mise sur la répression et les revenus du pétrole contournant les sanctions, mais cette stratégie est intenable à long terme."

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