Liban : les bombardements persistent malgré la trêve américano-iranienne
Alors qu'une trêve précaire et temporaire a été conclue entre les États-Unis et l'Iran, les bombes de l'armée israélienne continuent de pleuvoir sur le Liban. Au troisième jour de ce cessez-le-feu, la situation reste extrêmement tendue, avec des frappes qui ont causé des centaines de victimes ces derniers jours.
Un mercredi noir au Liban
Le mercredi 8 avril 2026, premier jour du cessez-le-feu américano-iranien, l'État hébreu a lancé une centaine de missiles en seulement dix minutes sur le Liban, produisant un véritable carnage. Selon le ministère libanais de la Santé, cette attaque a fait plus de 300 morts, dont 71 femmes et 30 enfants, ainsi que 1 150 blessés.
Le chef d'état-major de l'armée israélienne s'est pourtant félicité d'avoir porté « un coup dur » au Hezbollah. Depuis le début de la campagne militaire israélienne le 2 mars, le bilan s'alourdit dramatiquement : 1 888 victimes et 6 092 blessés ont été recensés dans le pays du Cèdre.
Pressions diplomatiques et négociations à venir
Des pressions diplomatiques importantes sont exercées sur Israël de la part de pays arabes et européens pour empêcher le renouvellement de ses frappes sur Beyrouth. Un diplomate occidental a confirmé à l'AFP que « des pressions diplomatiques sont en cours sur Israël de la part de pays européens, d'États du Golfe et de l'Égypte » pour éviter de nouvelles frappes après le « mercredi noir ».
Malgré ces pressions, Benyamin Netanyahou avait prévenu jeudi que les frappes contre le Hezbollah se poursuivraient pour rétablir la « sécurité pour les habitants du nord » d'Israël. Dans la soirée du jeudi 9 avril, l'armée israélienne a annoncé avoir commencé à frapper des « sites de tir » du Hezbollah au sud du Liban.
Un développement important survient cependant : des pourparlers entre le Liban et Israël sont prévus la semaine prochaine à Washington, comme l'a confirmé un responsable américain à l'AFP. Ces négociations, inédites depuis des décennies selon le Premier ministre israélien, « porteront sur le désarmement du Hezbollah » et sur « l'établissement de relations de paix » entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre.
Positions divergentes des parties concernées
Les positions des différents acteurs restent cependant très éloignées :
- Le Liban exige « un cessez-le-feu avant tout début de négociations », selon un responsable libanais ayant requis l'anonymat
- Le Hezbollah a rejeté toute négociation directe entre le Liban et Israël, appelant au « retrait israélien » du sud du pays
- Le chef du parti paramilitaire chiite a appelé ce vendredi 10 avril les responsables libanais à ne pas faire de « concessions gratuites » à Israël
Escalade militaire continue
Ce vendredi matin, les sirènes d'alerte ont retenti à travers Israël, y compris à Tel-Aviv et dans la ville côtière d'Ashdod, après le tir de roquettes en provenance du Liban. Plus tard, le Hezbollah a annoncé avoir lancé des missiles sur une base navale militaire d'Ashdod, dans le sud de l'État hébreu.
Dans un communiqué, le groupe pro-iranien affirme qu'il s'agit d'une « riposte » aux frappes du 8 avril, ajoutant que « cette riposte se poursuivra jusqu'à l'arrêt de l'agression ».
L'armée israélienne a de son côté déclaré ce vendredi avoir « démantelé » plus de 4 300 infrastructures du Hezbollah depuis le 2 mars.
Crise humanitaire grandissante
Les Nations unies ont alerté ce vendredi sur l'accroissement rapide de l'insécurité alimentaire au Liban. « La sécurité ne peut plus être considérée pour acquise, alors même que les besoins augmentent rapidement », a souligné Allison Oman, directrice du Programme alimentaire mondial au Liban.
La crise au Liban « est en train rapidement de devenir une crise de la sécurité alimentaire », a-t-elle assuré, expliquant que le PAM observe déjà des signes évidents de hausse des prix des denrées alimentaires, notamment du pain et des légumes, dans tout le pays.
Selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR), quelque 150 000 personnes se trouvent encore dans le sud du Liban, tandis que plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début de la guerre.
Le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Liban, Abdinasir Abubakar, a pour sa part indiqué que 13 hôpitaux ont été endommagés et 6 ont dû fermer leurs portes en raison des combats.



