Depuis sa cellule, Ekrem Imamoglu, le maire d'Istanbul, brise le silence. Opposant numéro un au président Recep Tayyip Erdogan, il a été incarcéré le 14 mars 2026. Dans un message transmis à ses avocats, il dénonce un procès politique et une autocratie qui, selon lui, a fabriqué de toutes pièces une procédure inéquitable pour l'éliminer de la scène politique turque.
Un procès aux airs de règlement de comptes
Imamoglu, figure montante de l'opposition, a été condamné pour des accusations de corruption et de terrorisme, des charges qu'il qualifie de ridicules. Il affirme que le gouvernement utilise la justice comme une arme contre ses adversaires. Son arrestation a provoqué des manifestations massives à travers le pays, réprimées dans le sang par les forces de l'ordre.
Un appel à la résistance
Dans sa déclaration, le maire appelle les Turcs à ne pas céder à la peur et à continuer de lutter pour la démocratie. Il souligne que son procès est un signal fort envoyé à tous ceux qui osent défier le pouvoir en place. L'opposition craint une dérive autoritaire sans précédent depuis l'arrivée d'Erdogan au pouvoir.
La communauté internationale observe avec inquiétude. Plusieurs pays ont condamné cette détention arbitraire. L'Union européenne a appelé à un procès équitable, tandis que les États-Unis ont exprimé leur préoccupation. Mais Ankara reste sourde aux critiques, accusant l'Occident d'ingérence dans ses affaires intérieures.
Ekrem Imamoglu, élu maire d'Istanbul en 2019, est perçu comme le principal rival d'Erdogan. Sa popularité grandissante inquiétait le pouvoir. Son emprisonnement pourrait radicaliser l'opposition et exacerber les tensions politiques. La Turquie, déjà fragilisée par une crise économique, plonge un peu plus dans l'incertitude.



