Iran : 45 morts dans les manifestations, Internet coupé, le régime vacille
Iran : 45 morts, Internet coupé, manifestations massives

De nouvelles manifestations massives ont secoué l'Iran ce jeudi 8 janvier, au douzième jour d'un mouvement de contestation d'ampleur nationale. Le régime répond avec violence : au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués selon l'ONG Iran Human Rights (IHR). L'internet a été coupé dans tout le pays, signe de la fébrilité des autorités face à un mouvement inédit depuis 2022.

Des foules dans plusieurs grandes villes

Des images authentifiées montrent une foule dense dans une artère majeure de Téhéran. Des manifestations ont également eu lieu à Tabriz (nord) et dans la ville sainte de Machhad (est). Selon l'AFP, des rassemblements ont touché au moins cinquante villes et 25 provinces sur 31. Les protestataires, à pied ou en voiture, klaxonnent et scandent des slogans hostiles au régime.

Répression meurtrière

L'ONG Netblocks a confirmé une coupure d'internet à l'échelle nationale, qualifiée de « censure numérique ». Depuis le 28 décembre, au moins 45 manifestants ont été tués, dont huit mineurs, selon IHR. Plus de 2 000 personnes ont été arrêtées. Les autorités iraniennes font état de 21 morts, incluant des membres des forces de l'ordre. Un policier a été poignardé près de Téhéran et est décédé.

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Amnesty International dénonce des tirs à balles réelles et des gaz lacrymogènes. À Abadan, une femme a été blessée à l'œil par balle. La diplomatie allemande a condamné un « usage excessif de la force » contre des manifestants pacifiques.

Revendications radicales

Les slogans appelent à la chute du régime et au retour de la dynastie Pahlavi, renversée en 1979. « C'est la bataille finale, Pahlavi reviendra », scandent les foules. D'autres cris visent le guide suprême Ali Khamenei : « Seyyed Ali sera démis ». Le président Massoud Pezeshkian appelle au dialogue et à la retenue, mais les manifestants exigent un changement radical du pouvoir.

Un habitant de Kermanshah témoigne : « La différence principale aujourd'hui, c'est la situation économique. On ne peut pas suivre l'inflation dont le régime est responsable. Il faut un changement radical et la fin de la République islamique. »

Symboles renversés

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des manifestants à Kuhchenar (sud) ont renversé une statue du général Qassem Soleimani, commandant des Gardiens de la Révolution tué en 2020. Cet acte symbolique illustre la colère contre le régime.

Depuis Washington, Donald Trump a menacé de « frapper très fort » l'Iran si les autorités continuent de tuer des manifestants. L'Iran se dit « préparé pour la guerre » mais ouvert aux négociations.

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