Guerre au Liban : un prêtre témoigne de l'enfer des frappes à Beyrouth
Guerre au Liban : témoignage d'un prêtre sous les bombes

Guerre au Moyen-Orient : un prêtre raconte l'enfer des bombardements à Beyrouth

La capitale libanaise est de nouveau la cible de frappes israéliennes ce vendredi. Dans la banlieue sud, un prêtre français, Guillaume Bruté de Rémur, livre un témoignage poignant sur la situation.

Une situation explosive à Chiyah

Installé dans le quartier chrétien de Chiyah, l'une des cinq communes du Grand Beyrouth ayant reçu un ordre d'évacuation jeudi, le religieux décrit une atmosphère de panique totale. « Les gens ont été gagnés par la peur, car on sait qu'Israël frappe généralement une heure après l'ordre d'évacuation. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont quitté les lieux en un instant, bloquant toutes les rues pendant des heures », confie-t-il.

Malgré le danger, lui et les 17 personnes de sa communauté ont choisi de rester, faute de solution de repli. « On prépare les choses au cas où la situation deviendrait insoutenable, mais pour l'instant, le quartier est bloqué. Des signaux laissent penser qu'il pourrait être épargné : les hôpitaux du secteur chiite ont été évacués, mais pas les nôtres. En face, une école accueille des réfugiés, des familles de militaires libanais. Mais nous sommes tout proches des bombardements. »

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Le Hezbollah dans le viseur

Le quartier où vit Guillaume Bruté de Rémur est situé à quelques centaines de mètres d'une zone tenue par le Hezbollah. « L'armée israélienne affirme qu'il y a là des dépôts d'armes, des tunnels et leur QG. Israël dit avoir touché le conseil exécutif du Hezbollah et annonce vouloir continuer à frapper sa banque, invitant les gens à retirer leur argent. Un minibus a également été bombardé sur la route. »

Depuis que le Hezbollah a tiré trois missiles contre Israël dimanche dernier, « l'enfer s'est déchaîné », selon le prêtre. « Le Liban subit une attaque féroce, dure, épouvantable. La tension est palpable. La population est excédée. Les chiites sont pris à partie. Les gens en ont ras le bol du Hezbollah, qu'ils accusent d'obéir à l'Iran et de ne pas se soucier du pays. Certains appellent l'armée à combattre le Hezbollah dans les rues. Mais tout le monde craint une guerre civile. Il y a déjà des escarmouches entre l'armée libanaise et des déplacés. »

Une crise humanitaire qui s'annonce

Interrogé sur une possible crise humanitaire, le prêtre répond par l'affirmative. « Il y a déjà des centaines de milliers de déplacés, des familles entières qui n'ont ni endroit où dormir, ni de quoi se laver ou manger. C'est terrible. Certains sont hébergés dans des écoles ou chez des proches, ceux qui ont les moyens sont dans des hôtels. Mais de nombreux hôtels de la zone chrétienne refusent d'accueillir des familles chiites, craignant d'être pris pour cible si des membres du Hezbollah se trouvent parmi elles. La deuxième nuit, une chambre d'hôtel en zone chrétienne a été visée par un tir, visiblement parce qu'un Iranien ou un membre du Hezbollah s'y trouvait. Les villages chrétiens du sud refusent également d'évacuer, malgré la progression de l'armée israélienne. »

Guillaume Bruté de Rémur redoute une escalade militaire. « Le président Macron tente une médiation, mais on n'est pas à l'abri d'un bombardement de l'aéroport ou de guerres internes. On est dans une attente fébrile, on n'en peut plus. »

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