Boualem Sansal, tout juste libéré des prisons algériennes, s'est confié pour la première fois depuis sa sortie. C'est par l'intermédiaire de son ami Kamel Daoud, qui a retranscrit leurs échanges dans les colonnes du journal Le Point, que l'écrivain franco-algérien a livré quelques détails sur les conditions de sa détention.
Des conditions de détention difficiles
Interrogé sur son état de santé, Boualem Sansal a déclaré : "Je vais plutôt bien, je suis costaud, tu sais. Je ne vais pas être détruit par une petite année de prison." Il a précisé qu'il devrait être à Paris dans les prochains jours.
Concernant ses conditions de vie en prison, l'écrivain a indiqué n'avoir eu aucun moyen de communication. "Quand tu es là-bas, on te prend ta carte, tes papiers, ton téléphone", a-t-il expliqué.
La lecture interdite, un trafic de livres organisé
À la question de savoir s'il avait eu la possibilité de lire, Boualem Sansal a répondu : "Lire ? C'est interdit. Des livres de religion ou en arabe. C'est ce qu'il y a." Il a toutefois révélé l'existence d'un trafic de livres en cachette : "Tu les paies avec des cigarettes ou avec des gâteaux."
L'écrivain était également placé à l'isolement, "coupé du monde, sauf pour les visites" de sa femme Naziha.
Un message d'espoir pour les relations franco-algériennes
Interrogé par Kamel Daoud sur un message à faire passer, Boualem Sansal a lancé : "Bonjour la France, Boualem revient. On va gagner !" Il a ajouté : "J'espère que les relations entre la France et l'Algérie vont évoluer grâce à l'Allemagne et à notre diplomatie."
L'ambassadeur Stéphane Romatet a qualifié la grâce présidentielle de "geste de clémence et d'humanité", tout en appelant à ne pas adopter une attitude naïve avec l'Algérie.
Pour rappel, Boualem Sansal avait été condamné en appel le 1er juillet dernier à Alger à une peine de cinq ans de prison pour "atteinte à l'unité nationale" suite à des déclarations en octobre 2024 dans le média français Frontières.



