Australie : YouTube interdit aux moins de 16 ans dès décembre 2025
L’Australie a annoncé mercredi 30 juillet 2025 qu’elle interdira l’accès à YouTube aux jeunes de moins de 16 ans à compter du 10 décembre 2025. Cette décision, prise par la ministre de la Communication Anika Wells, vise à protéger les enfants contre ce qu’elle appelle les algorithmes prédateurs. Elle prolonge une loi adoptée en novembre 2024 qui restreignait déjà l’accès à TikTok, Instagram et Facebook pour cette tranche d’âge.
Une mesure de protection renforcée
Dans un communiqué, Anika Wells a déclaré : « Il y a une place pour les réseaux sociaux, mais il n’y a pas de place pour les algorithmes prédateurs ciblant les enfants. » Selon la ministre, deux enfants australiens sur cinq auraient visionné des contenus inappropriés sur la plateforme américaine. Le Premier ministre Anthony Albanese a précisé que les moins de 16 ans ne pourront plus posséder de compte YouTube, ajoutant : « Nous voulons que les familles et parents australiens sachent que nous les soutenons. »
Un revirement par rapport à 2024
En novembre 2024, le Parlement australien avait adopté une loi pionnière interdisant l’accès aux réseaux sociaux comme TikTok, X, Facebook et Instagram pour les moins de 16 ans. À l’époque, le gouvernement avait exclu YouTube de cette mesure en raison de son utilisation massive dans les écoles. Canberra a désormais opéré un revirement, incluant la plateforme de vidéos dans le champ de l’interdiction.
Réactions et critiques
YouTube a réagi en affirmant que la plateforme n’est pas un réseau social, mais un service de partage de vidéos avec une bibliothèque de contenu gratuit et de haute qualité, souvent regardé sur les téléviseurs. Les plateformes concernées, qui risquent des amendes allant jusqu’à 49,5 millions de dollars australiens (environ 28 millions d’euros) en cas de non-coopération, ont qualifié la mesure de vague, problématique et précipitée. TikTok a accusé le gouvernement d’ignorer les experts en santé mentale et en sécurité en ligne qui s’opposent à cette interdiction.
Une application floue et symbolique ?
Des experts estiment que cette mesure pourrait n’être que symbolique, car peu de détails ont été fournis sur les modalités concrètes de mise en œuvre. L’échéance du 10 décembre 2025 laisse toutefois aux plateformes le temps de s’adapter. La ministre a insisté sur la nécessité de protéger les enfants, mais les critiques dénoncent une approche trop brutale et difficilement applicable.



