Attaque à Modène : la déchéance de nationalité en question
Attaque à Modène : déchéance de nationalité ?

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Modène (Émilie-Romagne, Italie), 16 mai. Des secouristes interviennent sur les lieux après qu'un Italien d'origine marocaine, Salim El Koudri, a blessé huit personnes, dont quatre grièvement, en fonçant avec sa voiture sur des piétons dans une rue du centre-ville. GIORGIA BASSOLI/AFP/GIORGIA BASSOLI

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Piétons fauchés à Modène : la déchéance de nationalité, une réponse démagogique

L'attaque survenue à Modène, où un individu a délibérément foncé sur des piétons, a provoqué une onde de choc en Italie et au-delà. Salim El Koudri, un Italien d'origine marocaine, est accusé d'avoir blessé huit personnes, dont quatre dans un état grave. Cet acte a relancé le débat sur la déchéance de nationalité, une mesure souvent avancée dans les discours politiques face à des actes terroristes ou criminels impliquant des binationaux.

Dans son éditorial, Abnousse Shalmani du Point critique vivement cette proposition, la qualifiant de démagogique. Selon elle, la déchéance de nationalité est une réponse simpliste qui ne s'attaque pas aux racines du problème. Elle souligne que cette mesure est inefficace et contre-productive, car elle crée un sentiment d'exclusion et de stigmatisation, notamment au sein des communautés immigrées. De plus, elle rappelle que la déchéance de nationalité est rarement appliquée et qu'elle ne résout pas les questions de sécurité ou d'intégration.

L'éditorialiste met en avant le besoin d'une approche plus nuancée, combinant prévention, éducation et justice sociale. Elle dénonce une instrumentalisation politique de la peur, où l'on cherche des boucs émissaires plutôt que des solutions durables. L'attaque de Modène est ainsi utilisée par certains pour promouvoir des mesures sécuritaires et identitaires, au détriment d'une réflexion approfondie sur les causes de la radicalisation et de la violence.

En conclusion, Shalmani appelle à ne pas céder à la démagogie et à privilégier des politiques cohérentes et respectueuses des valeurs républicaines. La déchéance de nationalité, loin d'être une réponse adaptée, risque de fragiliser le lien social et d'alimenter les tensions communautaires. L'édito invite à une prise de conscience collective pour éviter que des actes isolés ne justifient des mesures liberticides.

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