Washington a annoncé, samedi 16 mai, l'arrestation en Irak d'un haut responsable d'une milice irakienne proche de l'Iran, accusé d'avoir planifié plusieurs attaques contre des intérêts américains et de leurs alliés dans la région. Cette opération marque une escalade dans la lutte contre les groupes armés soutenus par Téhéran.
Détails de l'arrestation
Selon un communiqué du Pentagone, l'homme arrêté est identifié comme étant Abou Ali al-Basri, commandant d'une unité d'élite au sein des Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), une coalition de milices majoritairement chiites intégrée aux forces de sécurité irakiennes. Il est accusé d'avoir orchestré des attaques à la roquette et par drones contre des bases abritant des soldats américains, ainsi que des attentats contre des convois logistiques alliés.
L'arrestation a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi dans la banlieue de Bagdad, lors d'une opération conjointe entre les forces spéciales américaines et les services de renseignement irakiens. Aucun incident n'a été signalé, et le suspect a été transféré dans un lieu tenu secret pour interrogatoire. Les autorités américaines n'ont pas précisé si d'autres personnes ont été arrêtées.
Réactions en Irak
Le gouvernement irakien, dirigé par le Premier ministre Mohammed Chia al-Soudani, a confirmé l'arrestation dans un bref communiqué, tout en insistant sur le respect de la souveraineté nationale. Cependant, des sources proches du Hachd al-Chaabi ont dénoncé une violation de la souveraineté irakienne et une ingérence américaine, appelant à la libération immédiate du détenu.
Des manifestations ont éclaté dans plusieurs quartiers chiites de Bagdad et dans les villes de Najaf et Karbala, où des centaines de partisans ont brandi des portraits d'al-Basri et scandé des slogans hostiles aux États-Unis. La milice Kataëb Hezbollah, l'une des plus puissantes du Hachd al-Chaabi, a menacé de représailles si le suspect n'était pas libéré.
Contexte régional
Cette arrestation intervient dans un contexte de tensions accrues entre Washington et Téhéran, alors que les négociations sur le programme nucléaire iranien sont au point mort. Les États-Unis accusent régulièrement l'Iran de fournir des armes et un soutien logistique à des milices irakiennes pour déstabiliser la région. Depuis le début de l'année, plus d'une douzaine d'attaques ont visé des bases américaines en Irak et en Syrie, revendiquées pour la plupart par des groupes se réclamant de la Résistance islamique en Irak.
L'administration Biden a réaffirmé sa détermination à protéger ses forces et ses intérêts dans la région. Le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a déclaré : 'Nous ne tolérerons pas que nos soldats soient la cible d'attaques. Cette arrestation envoie un message clair : ceux qui menacent les États-Unis et leurs alliés seront tenus responsables.'
Réactions internationales
L'Union européenne a salué l'opération, la qualifiant de 'pas important dans la lutte contre le terrorisme'. De son côté, l'Iran a condamné 'fermement' cette arrestation, la qualifiant d'acte hostile et exigeant la libération immédiate du détenu. Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'affaires suisse, qui représente les intérêts américains en Iran, pour protester.
Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la stabilité politique en Irak, où le Hachd al-Chaabi est une force politique et militaire incontournable. Le gouvernement irakien se trouve pris en étau entre ses alliés américains et iraniens, alors que des élections législatives sont prévues dans moins d'un an.



