Ali Khamenei, le guide suprême iranien dans le viseur de Netanyahou
Alors que les tensions entre Israël et l'Iran atteignent un niveau critique, le nom d'Ali Khamenei est au cœur de toutes les attentions. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré lundi que la mort du guide suprême iranien "mettrait fin au conflit", le plaçant ainsi comme une cible prioritaire. De son côté, le président américain Donald Trump a laissé planer une ambiguïté, affirmant ne pas vouloir "éliminer" Khamenei, tout en ajoutant "au moins pour l'instant", précisant que les États-Unis connaissent sa cachette.
Un bunker pour se protéger
Selon Iran International, Ali Khamenei se serait retranché avec sa famille dans un bunker souterrain situé dans la région de Lavizan, au nord-est de Téhéran, peu après le déclenchement des frappes israéliennes le 13 juin. Âgé de 86 ans, cet idéologue vit dans la crainte constante d'être trahi, une angoisse alimentée par une tentative d'assassinat en juin 1981 qui lui a laissé le bras droit paralysé. Il souffrirait également d'un cancer.
Un pouvoir absolu et contesté
Depuis près de quatre décennies, l'ayatollah s'efforce de faire de l'Iran chiite une puissance régionale, rivalisant avec les États sunnites du Golfe, tout en entretenant une rivalité avec les États-Unis et en réprimant toute tentative de réforme. Son pouvoir repose en grande partie sur l'empire financier parapublic connu sous le nom de Setad, d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars, qu'il contrôle directement. Depuis le début de son règne en 1989, ce fonds s'est considérablement développé, permettant d'investir massivement dans le corps des Gardiens de la révolution islamique et de soutenir des milices chiites en Irak, au Liban, au Yémen, ainsi que le régime de Bachar al Assad en Syrie.
Répression et nucléaire
Ali Khamenei s'est montré impitoyable face à toute dissidence. En 2022, il a ordonné une répression féroce des manifestations consécutives à la mort de Mahsa Amini, une Iranienne kurde arrêtée pour port de voile inapproprié. Par ailleurs, il a promu le programme nucléaire iranien, qui suscite aujourd'hui de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale. Cependant, depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l'influence de Khamenei au Moyen-Orient a diminué, l'État hébreu ayant affaibli ses alliés, et Bachar al Assad ayant été chassé du pouvoir en décembre.
Un leader pragmatique malgré tout
Bien qu'hostile à l'Occident, Khamenei a parfois fait preuve de pragmatisme. En 2015, il a approuvé l'accord nucléaire avec les six puissances mondiales, espérant stabiliser l'économie iranienne en échange d'un allègement des sanctions. En mars, il a été confronté à un dilemme similaire lorsque Donald Trump a proposé de négocier un nouveau pacte. Le retrait américain de l'accord de 2015, décidé par Trump en 2018, a conduit Téhéran à s'affranchir progressivement des restrictions nucléaires. Aujourd'hui, alors que la pression militaire israélienne et américaine s'intensifie, Khamenei pourrait être contraint à une nouvelle "flexibilité héroïque", concept qu'il a lui-même défini en 2013 pour justifier des compromis en cas de nécessité.



