Le Parlement européen a adopté ce mercredi 17 juin 2026 le nouveau règlement sur les retours des migrants déboutés du droit d'asile. Ce texte, qui faisait l'objet de vifs débats, prévoit la possibilité de créer des centres de rétention en dehors de l'Union européenne. Les États membres pourront ainsi transférer les personnes dont la demande d'asile a été rejetée vers des pays tiers, où elles seront maintenues en attendant leur éloignement.
Un vote serré
Le règlement a été adopté par 312 voix pour, 289 contre et 24 abstentions. Les eurodéputés de droite et du centre ont majoritairement soutenu le texte, tandis que la gauche et les écologistes s'y sont opposés. Les négociations ont été tendues, notamment sur la question des garanties juridiques pour les migrants.
Les principales dispositions
- Création de centres de rétention dans des pays tiers, sous le contrôle d'organisations internationales.
- Durée maximale de rétention fixée à 12 mois.
- Obligation pour les États membres de conclure des accords bilatéraux avec les pays d'accueil.
- Mécanisme de suivi indépendant pour prévenir les violations des droits humains.
Le texte prévoit également un renforcement des procédures de retour volontaire, avec des incitations financières pour les migrants qui acceptent de quitter l'UE sans contrainte.
Réactions contrastées
La Commission européenne s'est félicitée de cette adoption, y voyant une avancée majeure dans la gestion des flux migratoires. « Ce règlement permettra de mieux gérer les retours tout en respectant les droits fondamentaux », a déclaré la commissaire aux Affaires intérieures.
En revanche, les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent un texte liberticide. Amnesty International a qualifié le règlement de « honte pour l'Europe », estimant qu'il externalise la responsabilité de l'UE en matière d'asile.
Prochaines étapes
Le règlement entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel de l'UE, prévue dans les prochaines semaines. Les États membres disposeront ensuite de deux ans pour transposer les dispositions dans leur droit national.



