Une campagne sous le signe des sondages
Si la grille de départ de l’élection présidentielle est encore loin d’être stabilisée, la canicule sondagière, elle, chauffe déjà. À onze mois du premier tour, une dernière photo à l’instant T montre que Jordan Bardella, qui n’est pas – encore – candidat, court toujours devant, suivi loin derrière par Édouard Philippe, désormais talonné par Jean-Luc Mélenchon. À ce stade, il est urgent de ne pas perdre son calme et de boire frais : notre vie politique n’aime rien moins que les scénarios écrits d’avance.
L'importance du débat
Mais au-delà du casting et des poussées de fièvre, cette campagne devra d’abord être celle du débat – précisément ce qui a manqué en 2022. Ce raté majuscule n’est d’ailleurs pas étranger à l’instabilité politique que l’on connaît et restera l’un des boulets de ce second quinquennat d’Emmanuel Macron. Voilà ce qu’il en coûte d’escamoter la discussion.
Politique étrangère : un enjeu central
Cette campagne devra donc sonner le retour du projet contre projet. Si les sujets ne manquent pas – énergie, pouvoir d’achat… –, il en est un qui s’imposera : celui de la politique étrangère. Deux guerres sont en cours, en Ukraine et en Iran. Et les candidats devront nous dire qui sont leurs alliés.
Jean-Luc Mélenchon, qui sait se montrer saignant envers ses adversaires, s’est toujours montré compréhensif avec l’ex-président-dictateur sanguinaire déchu du Venezuela, Nicolás Maduro. Et s’il a fini par dénoncer l’agression russe en Ukraine, il prophétisait, il y a un an, que Kiev « ne pouvait plus gagner ». Et ce, pour mieux appuyer sa théorie préférée : la mort de « l’Europe politique ». À ses yeux, une entrée de l’Ukraine dans l’Otan n’est rien d’autre qu’« une déclaration de guerre à la Russie ». À le lire, la paranoïa russe est justifiée. Gageons qu’il saura réconforter ce grand sensible de Vladimir Poutine…
Le positionnement de l'extrême droite
À l’extrême droite, comment se positionnera le duo Le Pen-Bardella ? En 2022, le programme du RN prévoyait une alliance avec… la Russie. Là encore, peu importent les opérations de déstabilisation menées en France par le Kremlin… C’est un choix.
Clarification nécessaire sur les alliances
Dans ce monde conflictuel, où l’usage de la force se désinhibe chaque jour un peu plus, les candidats à la présidentielle ne pourront faire l’économie d’une clarification sur ce sujet stratégique des alliances. Car parmi les responsabilités qui incombent au chef de l’État se trouve la plus engageante et vertigineuse de toutes : la dissuasion nucléaire, adossée au pouvoir d’engager les armées dans un conflit. Et sur ce point, comme sur les autres, il ne peut y avoir de faux-semblant.



