Washington donne un nouvel élan au projet polonais. Jeudi 18 juin, le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a annoncé dans un message publié sur le réseau social X que les États-Unis avaient donné un avis favorable à la proposition de Varsovie. « Pete Hegseth et les États-Unis se prononcent favorablement sur la proposition de la Pologne d’établir une base permanente de troupes américaines dans le pays », a-t-il écrit.
Ce soutien américain est précieux pour Varsovie qui cherche à renforcer durablement sa sécurité. Donald Trump a justifié cette décision par les « très bonnes relations » qu’il entretient avec le président polonais Karol Nawrocki.
Une demande de longue date pour une protection renforcée
Le 3 juin, le ministre de la Défense avait déjà formulé la demande suivante sur les réseaux sociaux : « J’ai soumis au secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, une proposition formelle pour l’établissement d’une nouvelle base militaire américaine permanente en Pologne. » L’objectif est de renforcer la sécurité du pays face à la Russie et de consolider le flanc oriental de l’Otan. En effet, Varsovie consacre près de 5 % de son PIB à sa défense. Cette politique s’explique par son emplacement géographique stratégique. Située à proximité de l’enclave russe de Kaliningrad, de la Biélorussie et du corridor de Suwałki, la Pologne consolide sa posture défensive. Les inquiétudes du pays grandissent depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022. Le soutien américain apparaît comme un pilier de sécurité et un puissant facteur de dissuasion face à la Russie.
Alliés de longue date au sein de l’Otan
Les États-Unis assurent depuis 2017 une implantation militaire sur le territoire polonais. Durant le premier mandat de Donald Trump en 2018, Varsovie a proposé de financer une installation militaire nommée « Fort Trump ». Même si le projet n’a pas abouti, la présence américaine n’a cessé de s’accroître depuis. En 2023, une première garnison a été installée à Poznań. Et depuis mai 2026, selon Global Security, 10 000 soldats sont déployés sur une base rotative.
Une réorganisation du dispositif américain dans l’Otan
Ce projet s’inscrit dans un contexte d’incertitude en Europe. Les États-Unis ont, en effet, décidé de réorienter leur aide militaire vers la région indo-pacifique. Le 15 mai, Washington a annoncé retirer 5 000 soldats d’Allemagne et l’annulation de la rotation de 4 000 soldats en Pologne. Selon Global Security, cette décision a été critiquée par des élus républicains et démocrates au Congrès américain. Ceux-ci ont dénoncé un revirement soudain alors que le personnel et les équipements étaient déjà prêts à être déployés. Cette réorganisation nourrit les inquiétudes de plusieurs pays de l’est de l’Alliance. Ils redoutent qu’une réduction des forces américaines stationnées n’affaiblisse la capacité de dissuasion de l’Alliance face à la Russie.
Des détails encore à clarifier
L’accord de principe donné par Washington ne reste à ce stade qu’un avis favorable. Plusieurs éléments restent à clarifier, notamment le lieu d’implantation de la future base, son calendrier de mise en œuvre et les modalités de financement. Il n’est pas non plus précisé si cette décision compense l’annulation de la rotation des soldats américains annoncée en mai ou si elle marque un renforcement durable de la présence militaire américaine en Pologne.



