UE : les pays frugaux exigent la rigueur pour le prochain budget
UE : pays frugaux exigent rigueur pour budget

Les pays frugaux de l'Union européenne, menés par les Pays-Bas, ont présenté leurs exigences pour le prochain budget pluriannuel (2027-2033). Ils réclament une stricte rigueur budgétaire, sans augmentation de la contribution des États membres, et un recentrage sur les priorités communes.

Un budget sous tension

Alors que la Commission européenne prépare ses propositions pour le cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027, les pays frugaux (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède, Finlande) ont publié une déclaration commune. Ils insistent sur la nécessité de maîtriser les dépenses et de ne pas alourdir la charge financière des États contributeurs nets.

Le budget de l'UE est actuellement fixé à environ 1 200 milliards d'euros pour la période 2021-2027. Les discussions s'annoncent difficiles, car plusieurs États membres souhaitent augmenter les dépenses pour financer de nouvelles priorités, comme la défense, la transition écologique ou la compétitivité.

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Les exigences des pays frugaux

Dans leur déclaration, les cinq pays frugaux demandent :

  • Un plafonnement des dépenses à 1 % du revenu national brut (RNB) de l'UE, contre 1,1 % actuellement.
  • Une réduction des dépenses administratives et une meilleure efficacité des programmes existants.
  • Un financement des nouvelles priorités par des redéploiements, sans augmentation des contributions nationales.
  • Un renforcement des mécanismes de conditionnalité liés à l'État de droit.

Ils s'opposent également à l'introduction de nouvelles ressources propres, comme une taxe sur les transactions financières ou un impôt sur les sociétés harmonisé, qui pourraient alourdir la fiscalité des entreprises.

Réactions contrastées

Les pays frugaux sont soutenus par d'autres États membres qui partagent leur vision budgétaire restrictive. En revanche, les pays du sud de l'Europe, comme la France, l'Italie ou l'Espagne, plaident pour un budget plus ambitieux, capable de répondre aux défis communs.

La Commission européenne, qui doit présenter ses propositions d'ici la fin de l'année, devra trouver un équilibre entre ces positions divergentes. Le Parlement européen, de son côté, a déjà appelé à un budget plus important pour financer les priorités stratégiques de l'Union.

Un enjeu politique majeur

Ce débat budgétaire intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par la guerre en Ukraine et la montée des défis sécuritaires. Les pays frugaux estiment que l'UE doit d'abord rationaliser ses dépenses avant d'envisager des augmentations. Ils mettent en avant la nécessité de préserver la soutenabilité des finances publiques des États membres.

Les prochains mois seront décisifs pour l'avenir du budget européen. Les négociations s'annoncent longues et complexes, chaque État membre cherchant à défendre ses intérêts nationaux. La question de la contribution britannique au budget, après le Brexit, reste également en suspens.

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