Un accueil royal pour le président américain
Donald Trump est arrivé mardi 16 septembre 2025 au soir à Londres pour une visite d'État de deux jours, marquée par des rencontres avec le roi Charles III et le Premier ministre Keir Starmer. Accueilli avec faste, le président américain doit annoncer des accords économiques de plus de 10 milliards de dollars, tandis que Londres espère relancer ses relations transatlantiques sur fond de tensions politiques internes et de controverses liées à l'affaire Epstein.
Un programme spectaculaire
Reçu à Windsor le 17 septembre 2025 par Charles III, Donald Trump entame une visite d'État fastueuse au Royaume-Uni, marquée par un cortège en calèche, une garde d'honneur exceptionnelle et un défilé aérien inédit mêlant F35 et Red Arrows. Cette démonstration monarchique se déroule à l'abri des manifestations attendues à Londres, où la coalition "Stop Trump" prévoit un rassemblement sous haute surveillance policière à 14 h.
Un déploiement militaire sans précédent
Le président et son épouse Melania seront accueillis à la mi-journée dans ce domaine royal situé à l'ouest de Londres, d'abord par le prince héritier William et son épouse Catherine, puis par le roi Charles III, 76 ans, et la reine Camilla, 78 ans. Une incertitude entoure toutefois la présence de Camilla : la reine consort se remet d'une sinusite aiguë qui l'a empêchée d'assister à des funérailles royales mardi. Après une salve royale tirée du château et depuis la Tour de Londres, les trois couples doivent participer à une procession en calèche, mais toujours dans l'enceinte du domaine, et non dans les rues de la ville comme cela avait été le cas lors de la visite d'État du président français Emmanuel Macron en juillet.
Une garde d'honneur exceptionnelle
Donald Trump aura l'unique privilège de passer en revue une garde d'honneur comprenant exceptionnellement trois régiments de la Garde royale, accompagnée d'une fanfare, tambours et cornemuses dans la cour carrée du château. Après un déjeuner en privé avec la famille royale, le couple Trump déposera des fleurs sur la tombe de la reine Elizabeth II, décédée en septembre 2022, dans la chapelle St George. Un défilé aérien, alliant de façon inédite des avions de combat F35 britanniques et américains, et la patrouille acrobatique des "Red Arrows", précédera le traditionnel banquet royal avec quelque 150 invités.
Des manifestations sous haute surveillance
À 40 km de là, des milliers de manifestants sont attendus dans le centre de Londres, pour protester contre la venue d'un président très impopulaire dans le pays. Le rassemblement à l'appel de la coalition "Stop Trump", prévu à partir de 14 h (13 h GMT), sera encadré par plus de 1 600 policiers. D'autres sont prévus ailleurs au Royaume-Uni.
L'ombre de l'affaire Epstein
Le deuxième jour de la visite, jeudi, sera consacré à une séquence plus politique, qui se déroulera à Chequers, résidence de campagne du Premier ministre Keir Starmer. La conférence de presse pourrait donner lieu à des questions embarrassantes pour les deux dirigeants, relatives notamment à l'affaire Jeffrey Epstein. Elle est revenue hanter cette semaine Keir Starmer, qui a limogé son ambassadeur à Washington Peter Mandelson, après des révélations sur ses liens avec le délinquant sexuel américain, mort en prison en 2019. Un sujet dont se passerait bien Donald Trump, qui voit sa présidence également empoisonnée par l'affaire Epstein depuis des semaines. Des images du financier américain ont d'ailleurs été diffusées mardi soir par un groupe anti-Trump sur une tour du château de Windsor.
Accords économiques et technologiques
De son côté, le gouvernement de Keir Starmer, fragilisé sur le plan économique et en pleine crise politique, cherche à tirer parti de cette visite pour multiplier les annonces, entre accord sur la tech et investissements américains. Il a déjà enregistré un investissement massif de 30 milliards de dollars (25 milliards d'euros) de Microsoft, un autre de 5 milliards de livres (5,8 milliards d'euros) de Google et l'annonce d'un partenariat incluant OpenAI et Nvidia pour développer des infrastructures dédiées à l'IA dans le nord-est de l'Angleterre. Un partenariat plus général pour doper la coopération technologique dans l'IA, le quantique et le nucléaire doit être signé pendant la visite, mais ses contours sont encore flous. Les espoirs d'accord pour faire baisser les droits de douane actuellement appliqués sur le whisky (10 %) et l'acier (25 %) semblent en revanche avoir été douchés, selon la presse britannique.



